Apprendre efficacement : Les vingt règles pour formuler les connaissances

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Dr Piotr Wozniak, février 1999 (mis à jour)

Cet article va vous aider à surmonter l’une des plus grandes difficultés que vous rencontrerez en essayant d’accélérer votre apprentissage : la formulation des connaissances

La vitesse d’apprentissage dépend de la façon dont vous formulez la matière à apprendre. Le même contenu peut être appris bien plus vite s’il est bien formulé ! La différence de vitesse peut être stupéfiante !  

Les règles sont listées par ordre d’importance. Celles présentées en premier sont les plus souvent enfreintes, ou celles dont le respect apporte le plus de bénéfices !

On part du principe que vous apprendrez selon la méthode de la répétition espacée, c’est-à-dire que vous ne vous contenterez pas d’apprendre une seule fois, mais que vous répéterez la matière de façon optimale (comme dans SuperMemo).

Les 20 règles de formulation des connaissances en apprentissage

1) N’apprenez pas ce que vous ne comprenez pas

Essayer d’apprendre des choses que l’on ne comprend pas peut sembler absurde. Pourtant, une proportion étonnante d’étudiants commet cette erreur en apprenant sans comprendre. Très souvent, ils n’ont pas d’autre choix ! La qualité de nombreux manuels ou supports de cours est déplorable, tandis que les délais d’examen restent, eux, immuables. Si vous ne parlez pas allemand, il vous est tout de même possible d’apprendre un manuel d’histoire en allemand. Le livre peut être appris par cœur, mot pour mot. Mais le temps nécessaire pour cet « apprentissage à l’aveugle » est astronomique. Plus important encore : la valeur d’une telle connaissance est quasi nulle. Même après avoir bourriné un livre d’histoire allemand, vous ne saurez toujours rien de l’histoire elle-même. L’exemple du livre d’histoire en allemand est un cas extrême. Mais les contenus que vous apprenez peuvent souvent sembler bien structurés, et vous pourriez avoir tendance à vous reprocher un manque de compréhension. Vous risquez alors de polluer votre apprentissage avec une grande quantité de matière inutile, qui vous fait croire, à tort, qu’elle « servira bien un jour ».  

2) Apprenez avant de mémoriser

Avant de vous lancer dans la mémorisation de faits et de règles isolés, vous devez construire une vue d’ensemble des connaissances à apprendre. Ce n’est que lorsque les éléments individuels s’assemblent pour former une structure cohérente que vous pourrez réduire considérablement votre temps d’apprentissage. Ceci est étroitement lié au problème de la compréhension évoqué dans la règle 1 : n’apprenez pas ce que vous ne comprenez pas. Un élément isolé de votre vue d’ensemble équivaut à un simple mot allemand perdu dans un manuel d’histoire. Ne commencez pas par mémoriser des faits vaguement liés entre eux ! Lisez d’abord un chapitre de votre livre qui les relie entre eux (par exemple les principes du moteur à combustion interne). Ce n’est qu’ensuite que vous passerez à l’apprentissage par questions-réponses individuelles (par exemple Qu’est-ce qui fait bouger les pistons dans un moteur à combustion interne ?), etc.

3) Construisez à partir des bases

La vue d’ensemble du sujet appris (comme évoqué dans la règle 2 : apprenez avant de mémoriser) n’a pas besoin d’être complète dans les moindres détails. Au contraire, plus la vue d’ensemble est simple, mieux c’est. Plus le chapitre initial de votre livre est court, mieux c’est. Les modèles simples sont plus faciles à comprendre et à englober. Vous pourrez toujours les enrichir plus tard. Ne négligez pas les bases. Mémoriser des choses apparemment évidentes n’est pas une perte de temps ! Les bases peuvent aussi sembler instables, et le coût de leur mémorisation est faible. Mieux vaut jouer la carte de la prudence. Rappelez-vous que vous passez généralement 50 % de votre temps à répéter seulement 3 à 5 % de la matière apprise ! Les bases sont généralement faciles à retenir et n’occupent qu’une part infime de votre temps. Cependant, chaque trou de mémoire sur les bases peut vous coûter cher !

4) Respectez le principe d’information minimale

La matière que vous apprenez doit être formulée de la manière la plus simple possible

  • Le simple est facile
    Par définition, une matière simple est facile à retenir. Cela vient du fait que sa simplicité permet au cerveau de la traiter toujours de la même façon. Imaginez un labyrinthe. Lorsque vous faites une répétition d’un élément, votre cerveau parcourt un labyrinthe (on peut voir un réseau neuronal comme un enchevêtrement de chemins). En parcourant le labyrinthe, le cerveau laisse une trace sur les parois. S’il ne peut suivre qu’un seul chemin unique, la trace est continue et facile à suivre. S’il existe de nombreuses combinaisons possibles, chaque passage peut laisser une trace différente qui interférera avec les autres traces, rendant la sortie difficile à trouver. Le même phénomène se produit au niveau cellulaire, avec des connexions synaptiques différentes activées à chaque répétition d’une matière complexe
  • Les répétitions d’éléments simples sont plus faciles à planifier
    On suppose ici que vous répétez la matière apprise selon des intervalles inter-répétitions optimaux (comme dans SuperMemo). Si vous considérez un élément composé de deux sous-éléments, vous devrez le répéter assez fréquemment pour garder en mémoire la partie la plus difficile. Si vous scindez l’élément complexe en sous-éléments, chacun pourra être répété à son propre rythme, ce qui vous fera gagner du temps. Très souvent, les étudiants inexpérimentés créent des éléments qui pourraient facilement être divisés en dix sous-éléments ou plus, plus simples ! Bien que le nombre d’éléments augmente, le nombre de répétitions de chacun sera généralement suffisamment faible pour largement compenser le coût (1) d’oublier l’élément complexe encore et encore, (2) de le répéter à des intervalles trop courts, ou (3) de ne s’en souvenir que partiellement !

Voici un exemple frappant :

Connaissance mal formulée – complexe et verbeuse
Q : Quelles sont les caractéristiques de la mer Morte ?
R : Lac salé situé à la frontière entre Israël et la Jordanie. Son rivage est le point le plus bas de la surface terrestre, à environ 396 m sous le niveau de la mer. Elle mesure 74 km de long. Elle est sept fois plus salée (30 % en volume) que l’océan. Sa densité maintient les baigneurs à flot. Seuls des organismes simples peuvent survivre dans ses eaux salées
Connaissance bien formulée – simple et spécifique
Q : Où est située la mer Morte ?
R : à la frontière entre Israël et la Jordanie
Q : Quel est le point le plus bas de la surface terrestre ?
R : le rivage de la mer Morte
Q : À quel niveau moyen se situe la mer Morte ?
R : 400 mètres (sous le niveau de la mer)
Q : Quelle est la longueur de la mer Morte ?
R : 70 km
Q : De combien de fois la mer Morte est-elle plus salée que les océans ?
R : 7 fois
Q : Quelle est la teneur en sel de la mer Morte, en volume ?
R : 30 %
Q : Pourquoi la mer Morte permet-elle aux baigneurs de flotter ?
R : en raison de sa forte teneur en sel
Q : Pourquoi la mer Morte est-elle appelée « Morte » ?
R : car seuls des organismes simples peuvent y vivre
Q : Pourquoi seuls des organismes simples peuvent-ils vivre dans la mer Morte ?
R : en raison de sa forte teneur en sel

Vous pouvez expérimenter en apprenant deux sujets selon ces deux approches, et constater par vous-même l’avantage apporté par le principe d’information minimale. Cet avantage est particulièrement visible sur le long terme, c’est-à-dire que plus vous devez conserver une connaissance longtemps, plus vous bénéficiez de la simplification de vos éléments !

Notez, dans l’exemple ci-dessus, la brièveté des questions. Notez aussi que les réponses sont encore plus courtes ! On veut qu’une quantité minimale d’information soit récupérée en mémoire à chaque répétition ! On veut que la réponse soit aussi courte que possible !

Vous remarquerez que la connaissance apprise dans l’exemple mal structuré n’est pas tout à fait équivalente à celle de la formulation bien structurée. Par exemple, si vous vous souviendrez pourquoi la mer Morte permet aux baigneurs de flotter, vous pourriez oublier qu’elle possède seulement cette caractéristique ! De plus, le fait d’arrondir 396 à 400 et 74 à 70 entraîne une petite perte d’information. Cela peut être corrigé en ajoutant d’autres questions ou en rendant les questions actuelles plus précises.

Vous perdrez aussi la capacité de réciter avec fluidité la description de la mer Morte lorsque votre professeur vous appellera au tableau. Je parie cependant que briller devant la classe n’est pas votre objectif ultime en matière d’apprentissage. Pour savoir comment gérer les récitations et les poèmes, continuez votre lecture (section consacrée aux énumérations)

5) Le texte à trous est simple et efficace

Un texte à trous (ou suppression de mots) est une phrase dont certaines parties ont été retirées et remplacées par trois points. Un exercice de texte à trous est un exercice qui utilise cette technique pour demander à l’étudiant de compléter les trous marqués par les trois points. Par exemple : Bill …[name] fut le deuxième président des États-Unis à faire l’objet d’une procédure de destitution. Si vous êtes débutant et avez du mal à respecter le principe d’information minimale, utilisez le texte à trous ! Si vous êtes un utilisateur avancé, vous apprécierez aussi cette technique. C’est une méthode rapide et efficace pour transformer les connaissances d’un manuel en connaissances exploitables par la répétition espacée. Le texte à trous constitue le cœur de la technique de lecture et d’apprentissage rapide appelée lecture incrémentale.

Connaissance mal formulée – complexe et verbeuse
Q : Quelle a été l’histoire de l’entreprise Kaleida ?
R : Kaleida, financée à hauteur de 40 millions de dollars par Apple Computer et IBM en 1991. Présentée comme une start-up prometteuse, la mission de Kaleida était de créer un langage de programmation multimédia. Elle en a finalement produit un, appelé Script X. Mais cela lui a pris trois ans. Pendant ce temps, des entreprises comme Macromedia et Asymetrix avaient déjà accaparé tout le marché. Kaleida a fermé en 1995.
Connaissance bien formulée – texte à trous simple
Q : Kaleida a été financée à hauteur de …(montant) par Apple Computer et IBM en 1991
R : 40 millions de dollars
Q : Kaleida a été financée à hauteur de 40 millions de dollars par …(entreprises) en 1991
R : Apple et IBM
Q : Kaleida a été financée à hauteur de 40 millions de dollars par Apple Computer et IBM en … (année)
R : 1991
Q : La mission de …(entreprise) était de créer un langage de programmation multimédia. Elle en a finalement produit un, appelé Script X. Mais cela lui a pris trois ans
R : Kaleida
Q : La mission de Kaleida était de créer un … Elle en a finalement produit un, appelé Script X. Mais cela lui a pris trois ans
R : langage de programmation multimédia
Q : La mission de Kaleida était de créer un langage de programmation multimédia. Elle en a finalement produit un, appelé … Mais cela lui a pris trois ans
R : Script X
Q : La mission de Kaleida était de créer un langage de programmation multimédia. Elle en a finalement produit un, appelé Script X. Mais cela lui a pris …(durée)
R : trois ans
Q : La mission de Kaleida était de créer un langage de programmation multimédia : Script X. Mais cela lui a pris trois ans. Pendant ce temps, des entreprises comme … avaient déjà accaparé tout le marché
R : Macromedia/Asymetrix
Q : La mission de Kaleida était de créer Script X. Mais cela lui a pris trois ans. Pendant ce temps, des entreprises comme Macromedia et Asymetrix avaient déjà accaparé tout le marché. Kaleida a fermé en …(année)
R : 1995
Optionnel : recette SuperMemo :
SuperMemo 2002SuperMemo 2000SuperMemo 98/99
Créer des textes à trous dans les nouvelles versions de SuperMemo : sélectionnez le mot-clé à remplacer par trois points et appuyez sur Alt+ZGénérer un texte à trous à partir d’un texte placé dans le presse-papiers dans SuperMemo 2000 :

1. Appuyez sur Ctrl+Alt+N pour coller le texte dans SuperMemo
 
2. Sélectionnez la partie à remplacer par trois points 3. Faites un clic droit pour ouvrir le menu du composant et sélectionnez 

Reading : Remember cloze (ou cliquez sur l’une des icônes de texte à trous de la barre d’outils de lecture) 
Textes à trous dans SuperMemo 98/99 :
1. Appuyez sur Ctrl+A pour ajouter un élément question-réponse standard
2. Collez le texte dans le champ de question. Cela créera le plan de vos éléments
3. Appuyez sur Ctrl+Alt+U pour dupliquer l’élément
4. Sélectionnez la partie à remplacer par trois points
5. Coupez la sélection dans le presse-papiers (par exemple avec Maj+Suppr)
6. Tapez trois points (vous pouvez éventuellement ajouter l’explication entre parenthèses comme dans les exemples ci-dessus)
7. Appuyez sur Ctrl+T pour enregistrer le champ de question et passer au champ de réponse
8. Collez le texte coupé à l’étape 5 (par exemple avec Maj+Ins ou Ctrl+V). Votre premier élément est prêt
9. Appuyez sur PgUp pour revenir à l’élément de plan créé à l’étape 2
10. Retournez à l’étape 3 et continuez à ajouter de nouveaux éléments

6) Utilisez l’imagerie

Le cortex visuel est la partie du cerveau où sont interprétés les stimuli visuels. Il s’est très bien développé au cours de l’évolution, ce qui explique le dicton une image vaut mille mots. En effet, si l’on considère le nombre de détails contenus dans une image et la facilité avec laquelle la mémoire les retient, on constate que notre capacité de traitement verbal est nettement inférieure à notre capacité de traitement visuel. Il en va de même pour la mémoire. Une représentation graphique de l’information est généralement bien moins instable. En général, il faut beaucoup moins de temps pour formuler une simple paire question-réponse que pour trouver ou créer une belle illustration graphique. C’est pourquoi vous devrez probablement toujours peser le coût et les bénéfices de l’utilisation d’images dans votre matériel d’apprentissage. Des images bien employées réduiront considérablement votre temps d’apprentissage dans des domaines comme l’anatomie, la géographie, la géométrie, la chimie, l’histoire, et bien d’autres. Le pouvoir de l’imagerie explique la popularité du concept des cartes mentales (mind maps) de Tony Buzan. Une carte mentale est une image abstraite dans laquelle les connexions entre ses composants reflètent les liens logiques entre les différents concepts.

Formulation moins efficace
Q : Quel pays africain est situé entre le Kenya, la Zambie et le Mozambique ?R : la Tanzanie
Connaissance bien formulée – texte à trous simple
Q : Quel pays africain est marqué en blanc sur la carte ?

afryka
R : la Tanzanie

7) Utilisez des techniques mnémotechniques

Les techniques mnémotechniques sont diverses méthodes qui facilitent la mémorisation. Elles sont souvent étonnamment efficaces. Pour la plupart des étudiants, voir un enfant de 10 ans mémoriser une séquence de 50 cartes à jouer relève presque de la découverte d’un jeune génie. Il est alors très surprenant de constater à quel point il est facile d’apprendre les techniques qui rendent cela possible, avec un peu d’entraînement. Ces techniques sont accessibles à tous et ne nécessitent aucune compétence particulière ! Avant de croire que maîtriser de telles techniques vous offrira une solution éternelle au problème de l’oubli, sachez que le véritable goulot d’étranglement vers des souvenirs durables et utiles ne réside pas dans la mémorisation rapide des connaissances ! C’est en effet la partie la plus facile. Le goulot d’étranglement se trouve dans la capacité à conserver les souvenirs pendant des mois, des années, voire toute une vie ! Pour y parvenir, vous aurez besoin de SuperMemo et du respect des 20 règles présentées ici. Des dizaines de livres ont été écrits sur les techniques mnémotechniques. Ceux de Tony Buzan sont probablement les plus populaires et les plus reconnus. Vous pouvez chercher sur le web des mots-clés comme : mind maps, listes de crochets (peg lists)techniques mnémotechniques, etc. L’expérience montre qu’avec un peu d’entraînement, vous n’aurez besoin d’appliquer consciemment des techniques mnémotechniques que pour 1 à 5 % de vos éléments. Avec le temps, leur utilisation deviendra automatique !
Exemple de carte mentale :

(carte mentale Six étapes générée avec Mind Manager 3.5, importée dans SuperMemo 2004, avec l’aimable autorisation de John England, TeamLink Australia)

8) La suppression graphique est aussi efficace que le texte à trous

La suppression graphique fonctionne comme le texte à trous, mais au lieu d’une expression manquante, elle utilise un composant d’image manquant. Par exemple, en apprenant l’anatomie, vous pouvez présenter une illustration complexe dont seule une petite partie serait masquée. Le travail de l’étudiant consiste à nommer la zone manquante. La même illustration peut servir à formuler 10 à 20 éléments ! Chaque élément peut porter sur un sous-composant spécifique de l’image. La suppression graphique fonctionne à merveille pour apprendre la géographie !Exemple de suppression graphique :

SuperMemo 2000/2002SuperMemo 99
Voici comment générer rapidement une suppression graphique à partir d’une image placée dans le presse-papiers :

1. Appuyez sur Maj+Ins pour coller l’image dans SuperMemo

2. Appuyez sur Ctrl+Maj+M et choisissez le modèle Occlusion pour appliquer le modèle de suppression graphique

3. SuperMemo 2000 uniquement : choisissez Ctrl+Maj+F2 pour imposer puis détacher le modèle Occlusion

4. Remplissez les champs et placez le rectangle d’occlusion pour couvrir la partie appropriée de l’image (utilisez Alt+clic deux fois pour passer le rectangle en mode de déplacement)
Dans SuperMemo 99, il vous faudra quelques étapes supplémentaires :

1. Créez un élément contenant les composants suivants :
– texte de la question : Quel est le nom de la zone couverte par le rectangle rouge ?
– texte de réponse vide (cliquez sur Réponse dans le menu du composant)
– votre illustration (utilisez Importer un fichier dans le menu du composant image)
– composant rectangle rouge (choisissez la couleur rouge avec Couleur dans le menu du composant rectangle)
2. Choisissez Dupliquer dans le menu de l’élément (par exemple avec Ctrl+Alt+U)
3. Ctrl+clic deux fois sur le composant rectangle pour le passer en mode de déplacement
4. Déplacez et redimensionnez le rectangle rouge pour couvrir la zone en question
5. Tapez la réponse dans le champ réponse
6. Appuyez sur PgUp pour revenir à l’élément original créé à l’étape 1
7. Retournez à l’étape 2 pour générer d’autres suppressions graphiques

Notez que vous pourriez aussi peindre des rectangles ou des cercles de masquage directement sur l’image originale, mais cela augmenterait considérablement la taille de votre collection. La méthode ci-dessus permet de réutiliser la même image plusieurs fois dans tous les éléments d’un même modèle. Par exemple, la collection Anatomie du cerveau disponible dans la >Bibliothèque SuperMemo et sur le CD-ROM SuperMemo MegaMix utilise cette technique
Une recette plus détaillée pour créer des tests d’occlusion est présentée dans : Flow of knowledge

9) Évitez les ensembles

Un ensemble est une collection d’objets. Par exemple, un ensemble de fruits pourrait être une pomme, une poire et une pêche. Un exemple classique d’élément difficile à apprendre est celui qui demande la liste des membres d’un ensemble. Par exemple : Quels pays appartiennent à l’Union européenne ? Vous devriez éviter ce type d’élément autant que possible, en raison du coût élevé de la mémorisation des ensembles. Si les ensembles sont absolument nécessaires, essayez toujours de les convertir en énumérations. Les énumérations sont des listes ordonnées de membres (par exemple, la liste alphabétique des membres de l’UE). Les énumérations sont aussi difficiles à mémoriser et devraient être évitées. Cependant, leur grand avantage sur les ensembles est qu’elles sont ordonnées, ce qui force le cerveau à les lister toujours dans le même ordre. Une liste ordonnée de pays contient plus d’information que l’ensemble de ces pays, qui peut être listé dans n’importe quel ordre. Paradoxalement, malgré cette information supplémentaire, les énumérations sont plus faciles à retenir. La raison en a été évoquée plus haut, dans le contexte du principe d’information minimale : vous devriez toujours essayer de faire en sorte que votre cerveau fonctionne exactement de la même façon à chaque répétition. Dans le cas des ensembles, lister les membres dans un ordre différent à chaque répétition a un effet désastreux sur la mémoire. Il est presque impossible de mémoriser des ensembles de plus de cinq membres sans recourir à des techniques mnémotechniques, à l’énumération, au regroupement, etc. Malgré cela, vous réussirez souvent grâce à des techniques maîtrisées inconsciemment qui vous aident à contourner ce problème. Ces techniques, cependant, vous laisseront tomber bien trop souvent. C’est pourquoi : évitez les ensembles ! Si vous en avez vraiment besoin, convertissez-les en énumérations et utilisez les techniques adaptées aux énumérations

Connaissance mal formulée – les ensembles sont inacceptables !
Q : Quels pays appartiennent à l’Union européenne (2002) ?
R : Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède et Royaume-Uni.
Connaissance bien formulée – convertir un ensemble en une liste porteuse de sens
Q : Quel pays a accueilli une réunion visant à envisager la création d’une Communauté européenne de défense en 1951 ?
R : la France
Q : Quels pays, à part la France, ont rejoint la Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1952 ?
R : l’Allemagne, l’Italie et le Benelux
Q : Quels pays composent le Benelux ?
R : la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas
Q : L’adhésion de quel pays Charles de Gaulle s’est-il opposé dans les années 1960 ?
R : celle du Royaume-Uni
Q : Quels pays ont rejoint la CEE en même temps que le Royaume-Uni en 1973 ?
R : l’Irlande et le Danemark
Q : Quel pays a rejoint la CEE en 1981 ?
R : la Grèce
Q : Quels pays ont rejoint la CEE en 1986 ?
R : l’Espagne et le Portugal
Q : Quels pays ont rejoint l’UE en 1995 ?
R : l’Autriche, la Suède et la Finlande
Q : Quel a été le déroulement historique de l’élargissement de l’Union européenne ?
R : (1) la France, puis (2) l’Allemagne, l’Italie et le Benelux, (3) le Royaume-Uni, puis (4) l’Irlande et le Danemark, (5) la Grèce, (6) l’Espagne et le Portugal, et (7) l’Autriche, la Suède et la Finlande

Notez que dans l’exemple ci-dessus, nous avons converti un ensemble de 15 membres en 9 éléments, dont cinq sont des ensembles de 2 à 3 membres, et un est une énumération de six membres. Intégrez cela à votre SuperMemo, et constatez à quel point il est facile de générer la liste des membres de l’Union européenne en suivant la chronologie historique ! Notez les astuces utilisées avec la France et le Royaume-Uni. Ils ont rejoint l’union en compagnie d’autres pays, mais ont été listés comme des éléments distincts pour simplifier l’apprentissage. Notez aussi que la quantité totale d’information contenue dans cette approche bien formulée est bien plus grande que celle de l’ensemble d’origine. Ainsi, en plus de la simplicité, nous avons gagné des connaissances utiles. Tous les éléments individuels respectent effectivement le principe d’information minimale ! Vous pourriez aller plus loin en essayant de scinder l’ensemble Allemagne-Italie-Benelux, ou en utilisant des techniques mnémotechniques pour mémoriser l’énumération finale à sept membres (c’est-à-dire la dernière des questions ci-dessus). Mais vous ne devriez faire ces démarches que si vous avez du mal à retenir l’ensemble proposé.

10) Évitez les énumérations

Les énumérations sont elles aussi un exemple classique d’éléments difficiles à apprendre. Elles restent tout de même bien plus acceptables que les ensembles. Évitez les énumérations dans la mesure du possible. Si vous ne pouvez pas les éviter, traitez-les avec des textes à trous (chevauchants si possible). L’apprentissage de l’alphabet est un bon exemple de texte à trous chevauchant :

Élément difficile à apprendre
Q : Quelle est la séquence des lettres de l’alphabet ?
R : abcdefghijklmnopqrstuvwxyz
Éléments faciles à apprendre
Q : Par quelles trois lettres commence l’alphabet ?
R : ABCQ : Complétez les lettres manquantes de l’alphabet A … … … E
R : B, C, D
Q : Complétez les lettres manquantes de l’alphabet B … … … F
R : C, D, E
Q : Complétez les lettres manquantes de l’alphabet C … … … G
R : D, E, F

Les éléments ci-dessus rendront l’apprentissage de l’alphabet bien plus rapide. Le grand avantage de cette approche est qu’elle est plus confortable psychologiquement : l’étudiant n’a pas besoin d’interrompre ses répétitions pour réciter toute la séquence, et peut se concentrer sur une petite partie de la matière apprise. Il est cependant recommandé de réciter l’alphabet complet après avoir fait la répétition. Une fois que chaque élément est bien retenu, réciter l’ensemble devrait être un exercice agréable et rapide, source de peu de frustration.
Le texte à trous utilisé ci-dessus est un texte à trous chevauchant, c’est-à-dire que les mêmes parties de l’énumération sont renforcées en mémoire via des éléments différents (par exemple, la séquence C-D sera nécessaire pour se rappeler du deuxième et du troisième élément). Cette redondance ne contredit pas le principe d’information minimale car l’information supplémentaire est ajoutée dans des éléments distincts.

Vous pouvez aussi traiter les énumérations en utilisant le regroupement, comme dans le cas des ensembles (voir l’exemple de l’ Union européenne), mais les textes à trous devraient être plus simples et suffire dans la plupart des cas.
Apprendre des poèmes est un exemple d’apprentissage d’énumérations (tous les mots et phrases doivent être récités dans un ordre prédéfini) ; cependant, grâce aux fortes connexions sémantiques, à la rime et au rythme, il est souvent possible de retenir efficacement les poèmes sans recourir au texte à trous, et sans la frustration d’oublier sans cesse de petits sous-composants. Cependant, dès que vous remarquez que vous butez sur votre poème, vous devriez le décomposer en utilisant le texte à trous, afin de garantir un apprentissage rapide, facile, efficace et agréable

Un poème difficile à retenir
Q : Le mérite revient … (Teddy Roosevelt)
R : Le mérite revient à l’homme qui est réellement dans l’arène, dont le visage est marqué par la poussière et la sueur ; un homme qui connaît le grand enthousiasme et le grand dévouement, qui se dépense pour une cause qui en vaut la peine, qui connaît finalement le triomphe d’une haute réussite, et dont la place ne sera jamais parmi ces âmes froides et timides qui ne connaissent ni la victoire ni la défaite 
Un poème découpé en éléments faciles
Q : Le mérite revient … (Teddy Roosevelt)
R : à l’homme qui est réellement dans l’arène
Q : Le mérite revient à l’homme qui est réellement dans l’arène …
R : dont le visage est marqué par la poussière et la sueur (un homme qui connaît le grand enthousiasme)
Q : dont le visage est marqué par la poussière et la sueur … (Le mérite revient)
R : un homme qui connaît le grand enthousiasme et le grand dévouement (qui se dépense pour une cause qui en vaut la peine)
Q : un homme qui connaît le grand enthousiasme et le grand dévouement … (Le mérite revient)
R : qui se dépense pour une cause qui en vaut la peine (qui connaît finalement le triomphe d’une haute réussite)
Q : qui se dépense pour une cause qui en vaut la peine … (Le mérite revient)
R : qui connaît finalement le triomphe d’une haute réussite (et dont la place ne sera jamais), etc. etc.

Tout cela semble-t-il artificiel ? Oui, en effet ! Mais vous ne saurez jamais à quel point cette approche est efficace tant que vous ne l’aurez pas essayée vous-même !

11) Combattez les interférences

Lorsque vous apprenez des choses similaires, vous les confondez souvent. Par exemple, vous pourriez avoir du mal à distinguer les sens des mots français historique (qui a fait l’histoire) et historial. Ce phénomène sera encore plus visible si vous mémorisez beaucoup de chiffres, par exemple les dosages optimaux de médicaments en pharmacothérapie. Si la connaissance d’un élément rend plus difficile la mémorisation d’un autre, on parle d’ interférence de mémoire. Vous pouvez souvent vous souvenir d’un élément pendant des années avec d’excellents résultats… jusqu’à ce que vous mémorisiez un autre élément qui rend presque impossible de se rappeler de l’un ou de l’autre ! Par exemple, si vous apprenez la géographie et mémorisez que le pays situé entre le Venezuela, le Suriname et le Brésil est le Guyana, vous pourrez probablement vous en souvenir facilement pendant des années avec seulement quelques répétitions. Cependant, dès que vous ajoutez des éléments similaires portant sur la localisation de tous ces pays, et de la Guyane française, et de la Colombie, et d’autres encore, vous remarquerez soudainement une forte interférence de mémoire et pourrez connaître des oublis inattendus. En termes simples : vous confondrez ce qui est quoi.
L’interférence est probablement la première cause d’oubli dans les collections d’un utilisateur expérimenté de SuperMemo. On ne peut jamais savoir quand elle frappera, et la seule procédure vraiment efficace contre elle consiste à détecter et éliminer. En d’autres termes, dans de nombreux cas, il est impossible de prédire l’interférence au moment de la formulation des connaissances. L’interférence peut aussi survenir entre des éléments éloignés, comme le Guyana, Guyard et la Guyenne, ou encore le Guyana, le caïman et… l’aspirine. Elle peut se manifester différemment pour vous et pour un collègue. Elle est très difficile à prévoir. Vous devriez néanmoins faire de votre mieux pour prévenir l’interférence avant qu’elle ne fasse des dégâts. Cela rendra votre processus d’apprentissage moins stressant et plus supportable mentalement. Voici quelques astuces :

  • rendez vos éléments aussi peu ambigus que possible
  • respectez le principe d’information minimale (bon nombre des règles restantes de ce texte visent justement à éviter l’interférence !)
  • éliminez l’interférence dès que vous la repérez, c’est-à-dire avant qu’elle ne devienne une obsession (par exemple, dès que vous voyez le mot inepte, vous pensez « je connais le sens d’ inepte et d’ inapte mais je ne saurai jamais lequel est lequel ! »)
  • dans SuperMemo, utilisez View : Other browsers : Leeches(Maj+F3) pour passer régulièrement en revue et éliminer les éléments les plus difficiles
  • en savoir plus : Memory interference

12) Optimisez la formulation

La formulation de vos éléments doit être optimisée pour garantir qu’en un minimum de temps, la bonne ampoule s’allume dans votre cerveau. Cela réduira le taux d’erreur, augmentera la spécificité, réduira le temps de réponse et facilitera votre concentration.Élément moins optimal : texte à trous trop verbeuxQ : Aldus a inventé la publication assistée par ordinateur en 1985 avec PageMaker. Aldus n’a eu que peu de concurrence pendant des années, et n’a donc pas progressé. Puis … , basé à Denver, l’a dépassé. PageMaker, désormais propriété d’Adobe, reste numéro 2

Élément moins optimal : texte à trous trop verbeux
Q : Aldus a inventé la publication assistée par ordinateur en 1985 avec PageMaker. Aldus n’a eu que peu de concurrence pendant des années, et n’a donc pas progressé. Puis … , basé à Denver, l’a dépassé. PageMaker, désormais propriété d’Adobe, reste numéro 2
R : Quark
Meilleur élément : moins de mots pour accélérer l’apprentissage
Q : Aldus a inventé la publication assistée par ordinateur en 1985 avec PageMaker, mais n’a pas progressé. Puis … l’a dépassé (PageMaker reste numéro 2)
R : Quark
Ou mieux :
Q : Aldus a inventé la publication assistée par ordinateur avec PageMaker, mais n’a pas progressé. Il a rapidement été dépassé par …
R : Quark
Ou mieux :
Q : PageMaker n’a pas progressé et a été dépassé par …
R : Quark
Ou mieux :
Q : PageMaker a perdu du terrain face à …
R : Quark

Notez que la perte d’information dans cet élément est sans conséquence. Lors de la répétition, vous n’êtes censé apprendre que le nom : Quark. Vous ne devriez pas espérer que les informations annexes sur la propriété de PageMaker et l’année de son développement finiront, par un heureux hasard, par se graver dans votre mémoire. Vous devriez décider si les autres informations sont importantes pour vous et, le cas échéant, les stocker dans des éléments distincts (en réutilisant éventuellement le texte ci-dessus, en appliquant à nouveau le texte à trous et en optimisant la formulation d’une nouvelle façon). Sinon, cette information redondante ne fera que ralentir votre apprentissage !

13) Référez-vous à d’autres souvenirs

Se référer à d’autres souvenirs peut replacer votre élément dans un meilleur contexte, simplifier la formulation et réduire l’interférence. Dans l’exemple ci-dessous, l’utilisation des mots humble et suppliant aide l’étudiant à se concentrer sur le mot servilement, renforçant ainsi la bonne signification. Une meilleure concentration aide à éliminer l’interférence. Ensuite, l’utilisation des mots humble et suppliant permet d’éviter que rampant n’interfère avec ces mots eux-mêmes. Enfin, la formulation proposée est plus courte et plus spécifique. Naturellement, les règles construire à partir des bases et n’apprenez pas ce que vous ne comprenez pas exigent que les mots humble et suppliant soient appris au préalable (ou au moins en même temps)

Élément sujet à une forte interférence
Q : péj. : adj. : consciemment servile face à ses propres défauts et suppliant de façon obséquieuse
R : rampant
Élément qui utilise des souvenirs interférents pour renforcer le sens correct
Q : péj. : adj. : servilement humble et suppliant
R : rampant

14) Personnalisez et fournissez des exemples

L’une des méthodes les plus efficaces pour renforcer les souvenirs est de les relier à votre vie personnelle. Dans l’exemple ci-dessous, vous gagnerez du temps en utilisant une référence personnelle plutôt qu’en essayant de peindre une image qui illustrerait bien la question

Élément sujet à une forte interférence
Q : Quel est le nom d’un lit moelleux sans accoudoirs ni dossier ?
R : divan
Élément qui utilise des souvenirs interférents pour renforcer le sens correct
Q : Quel est le nom d’un lit moelleux sans accoudoirs ni dossier ? (comme celui chez les parents de Robert)
R : divan


Si vous vous souvenez exactement du type de lit moelleux que l’on trouve chez les parents de Robert, vous gagnerez du temps en n’ayant pas à creuser précisément la sémantique de la définition et/ou à chercher une illustration graphique adaptée pour ce meuble. Les exemples personnalisés résistent très bien à l’ interférence et peuvent réduire considérablement votre temps d’apprentissage

15) Appuyez-vous sur les états émotionnels

Si vous pouvez illustrer vos éléments avec des exemples vivants, voire choquants, vous êtes susceptible d’améliorer la récupération en mémoire (à condition de ne pas abuser des mêmes outils et de ne pas être victime d’interférence !). Vos éléments peuvent prendre une forme étrange ; cependant, dans la mesure où ils sont destinés à votre usage privé, la fin justifie les moyens. Utilisez des sujets qui évoquent des émotions très spécifiques et fortes : l’amour, le sexe, la guerre, un parent défunt, l’objet de vos affections, Linda Tripp, Nelson Mandela, etc. Il est bien connu que les états émotionnels peuvent faciliter le rappel ; cependant, vous devriez vous assurer de ne pas être privé de ces mêmes repères émotionnels au moment où vous devrez retrouver ce souvenir dans une situation réelle

Élément plus difficile
Q : une conversation légère et enjouée
R : badinage
Élément plus facile
Q : une conversation légère et enjouée (par exemple, Mandela et de Klerk en 1992)
R : badinage


Si vous avez des souvenirs vifs et positifs liés aux rencontres entre Nelson Mandela et F.W. de Klerk, vous saisirez probablement rapidement le sens de la définition du badinage. Sans cet exemple, vous pourriez lutter contre l’interférence de mots comme plaisanterie ou même bavardage. Il n’y a aucun risque d’état émotionnel non pertinent dans cet exemple, puisque cet état aide justement à définir la sémantique du concept appris ! Un exemple bien choisi peut souvent réduire votre temps d’apprentissage de plusieurs fois ! J’ai observé des cas où un élément sans exemple avait été oublié 20 fois en un an, tandis que le même élément accompagné d’un exemple subtil anti-interférence n’avait pas été oublié une seule fois sur dix répétitions étalées sur cinq ans. Cela équivaut approximativement à un gain de temps de 25 fois sur une période de 20 ans ! De tels exemples ne sont pas rares ! Ils sont traités le plus efficacement en appliquant l’ensemble des règles précédentes, axées sur la simplicité et contre l’ interférence

16) Les indices de contexte simplifient la formulation

Vous pouvez utiliser des catégories dans SuperMemo 2000/2002, donner un aspect différent à différentes branches de connaissances (un modèle différent), utiliser des étiquettes de référence (Titre, Auteur, Date, etc.) et étiqueter clairement les sous-catégories (par exemple avec des chaînes comme chim pour chimiemath pour mathématiques, etc.). Cela vous aidera à simplifier la formulation de vos éléments, puisque vous n’aurez plus besoin de préciser le contexte de votre question. Dans l’exemple ci-dessous, le préfixe bien défini bioch : vous fait gagner beaucoup de temps de frappe et de lecture, tout en évitant de confondre l’abréviation GRE avec le Graduate Record Examination. Notez que dans le cas recommandé, vous traitez l’élément en partant de l’étiquette bioch, qui place immédiatement votre cerveau dans le bon contexte. En traitant le cas moins optimal, vous perdrez de précieuses millisecondes à faire apparaître le sens habituel de GRE et… ce qui est pire… vous activerez les mauvaises zones de votre cerveau, désormais susceptibles d’être sujettes à l’interférence !

Un élément trop verbeux peut provoquer des trous de mémoire accidentels par interférence
Q : Que signifie GRE en biochimie ?
R : élément de réponse aux glucocorticoïdes
Les éléments étiquetés par contexte augmentent le taux de réussite
Q : bioch : GRE
R : élément de réponse aux glucocorticoïdes

17) La redondance ne contredit pas le principe d’information minimale

En termes simples, la redondance correspond à plus d’information que nécessaire, ou à une information dupliquée, etc. La redondance ne doit pas nécessairement contredire le principe d’information minimale et peut même être bienvenue. Le sujet de la redondance est trop vaste pour ce court texte. Voici quelques exemples destinés simplement à illustrer que le principe d’information minimale ne doit pas être compris comme un nombre minimal de caractères ou de bits dans vos collections, voire dans vos éléments :

  • approche passive et active : si vous apprenez une langue étrangère, par exemple l’espéranto, vous construirez souvent des paires de mots comme téléphone-telefono, langue-lingvo, espoir-esperanto, etc. Ces paires exigent un rappel actif du mot étranger. Le rappel actif ne garantit cependant pas la reconnaissance passive, et vous pourriez échouer avec telefono-téléphone, lingvo-langue, ou esperanto-espoir. Ajouter de nouveaux éléments en inversant les questions et les réponses peut, dans certains cas, être redondant, mais cela ne contredit pas le principe d’information minimale ! Vos éléments restent aussi simples que possible. Vous en avez simplement davantageDans SuperMemo 2000/2002, vous pouvez générer rapidement des paires de mots inversées avec Dupliquer (Ctrl+Alt+D) et Inverser (Ctrl+Maj+S)
  • indices de raisonnement : vous voudrez souvent renforcer votre capacité de raisonnement en interrogeant sur la solution d’un problème. Plutôt que de simplement mémoriser la réponse, vous voudrez suivre rapidement les étapes du raisonnement (par exemple, résoudre une équation mathématique simple) et générer la réponse. Dans ce cas, fournir un indice sur les étapes de raisonnement dans la réponse vous aidera simplement à toujours suivre le bon chemin lors des répétitions
  • étapes de dérivation : pour des problèmes plus complexes à résoudre, mémoriser les étapes individuelles de dérivation est toujours fortement recommandé (par exemple, résoudre des problèmes mathématiques complexes). Ce n’est pas du bourrage ! C’est s’assurer que le cerveau peut toujours suivre le chemin le plus rapide pour résoudre le problème. Pour en savoir plus sur le renforcement de la créativité et de l’intelligence, lisez : Roots of genius and creativity, ainsi que, plus spécifiquement : Derivation, reasoning and intelligence
  • représentation sémantique multiple : très souvent, une même connaissance peut être représentée et envisagée sous différents angles. Mémoriser différentes représentations d’un même fait ou d’une même règle est recommandé lorsque le souvenir en question a une grande valeur. Cela augmentera le taux de rappel attendu (au-delà de celui défini par l’ indice d’oubli) !
  • répétition flexible : s’il existe plusieurs réponses valides à une même question, assurez-vous que votre représentation permette d’identifier leur équivalence et vous récompense avec de bonnes notes en fournissant simplement l’une des réponses équivalentes. Par exemple, si vous apprenez une langue, il est rarement pertinent d’apprendre tous les synonymes correspondant à la définition d’un concept. Il est plus adéquat de considérer un seul synonyme comme réponse suffisante (par exemple, une marque laissée par de l’encre renversée sur qch = tache/pâté)
  • en savoir plus

18) Fournissez vos sources

Sauf pour les connaissances bien établies et éprouvées (comme 2+2=4), il est fortement recommandé d’inclure les sources d’où vous avez tiré vos connaissances. Dans la vraie vie, vos connaissances seront souvent remises en question. Les sources peuvent alors vous venir en aide. Vous constaterez aussi que les faits et les chiffres diffèrent selon la source. Vous pourriez être surpris de voir avec quelle légèreté des agences d’information réputées publient des chiffres radicalement différents de ceux d’autres sources tout aussi réputées. Sans SuperMemo, ces divergences sont souvent difficiles à repérer : avant de rencontrer le nouveau fait, l’ancien est souvent déjà oublié depuis longtemps. En disposant des sources, vous pourrez faire des choix plus éclairés sur la fiabilité des différentes informations. L’ajout d’étiquettes de fiabilité peut aussi être utile (par exemple : Attention !, D’autres sources diffèrent !, etc.). Les sources devraient accompagner vos éléments, mais ne devraient pas faire partie de la connaissance à apprendre (sauf s’il est essentiel pour vous de pouvoir citer la source en cas de besoin).

19) Fournissez un horodatage

Une connaissance peut être relativement stable (mathématiques de base, anatomie, taxonomie, géographie physique, etc.) ou très instable (indicateurs économiques, connaissances technologiques, statistiques personnelles, etc.). Il est important d’accompagner vos éléments d’un horodatage ou d’autres étiquettes indiquant leur degré d’obsolescence. Dans le cas de chiffres statistiques, vous pourriez indiquer l’année à laquelle ils ont été collectés. Pour l’apprentissage de logiciels, il suffit d’indiquer la version du logiciel concernée. Lorsque vous disposez de chiffres plus récents, vous pouvez mettre à jour vos éléments. Malheureusement, dans la plupart des cas, vous devrez remémoriser des connaissances devenues obsolètes. L’horodatage est utile pour éditer et vérifier vos connaissances ; cependant, vous voudrez rarement mémoriser l’horodatage lui-même. Si vous souhaitez retenir l’évolution d’un chiffre donné dans le temps (par exemple, les chiffres du PNB sur plusieurs années), l’horodatage devient alors la connaissance à apprendre elle-même.

20) Établissez des priorités

Vous serez toujours confronté à bien plus de connaissances que vous ne pourrez en maîtriser. C’est pourquoi établir des priorités est essentiel pour construire des connaissances de qualité sur le long terme. La façon dont vous priorisez influence la manière dont vos connaissances s’assemblent. Cela affecte aussi la vitesse d’apprentissage (voir par exemple : apprendre d’abord les bases). Il existe de nombreuses étapes où la priorisation intervient ; seules quelques-unes concernent la représentation des connaissances, mais toutes sont importantes :

  1. Prioriser les sources – il y aura toujours de nombreuses sources de connaissances. Si vous êtes encore étudiant, il s’agira probablement de livres et de notes relatifs à différentes matières. Sinon, vous vous appuierez probablement davantage sur des revues, Internet, la télévision, les journaux, les encyclopédies, les dictionnaires, etc. Il est toujours utile de savoir quelle est la proportion optimale de temps à consacrer à ces différentes sources. En progressant dans votre apprentissage, vous développerez rapidement un bon sens de ce qui donne les meilleurs résultats et de ce qui pourrait être étendu au détriment d’autres sources
  2. Extraire les connaissances – à moins de devoir passer un examen important, il n’est presque jamais judicieux de mémoriser des livres ou des articles entiers. Vous devrez extraire les parties les plus susceptibles d’améliorer la qualité de vos connaissances. Vous pouvez le faire en (1) surlignant des paragraphes dans un livre ou une revue, (2) collant des pages web pertinentes dans SuperMemo, (3) collant des passages pertinents dans SuperMemo, (4) tapant directement des faits et chiffres dans les notes de SuperMemo, etc. Il vous faudra un peu d’expérience avant de pouvoir évaluer précisément la quantité de connaissances que vous pouvez réellement transférer à votre cerveau, et le degré de détail que vous pouvez raisonnablement maîtriser. Le meilleur moyen de prioriser le flux de connaissances vers votre mémoire est d’utiliser les outils de lecture incrémentale
  3. Transférer les connaissances vers SuperMemo – vous pouvez essayer de respecter les 20 règles de formulation des connaissances dès l’introduction de votre matériel dans SuperMemo. Mais vous pouvez aussi transférer littéralement vos notes ou importer des fichiers entiers, et utiliser ensuite les mécanismes fournis par SuperMemo pour déterminer l’ordre de traitement du matériel importé. Le meilleur critère pour choisir entre formuler ou simplement importer est probablement le temps nécessaire pour formuler précisément l’élément ou les éléments. Si la formulation exige plus de connaissances, plus de temps, une comparaison avec d’autres sources, etc., vous pouvez simplement importer. Sinon, si vous pensez qu’un élément précis peut être formulé en quelques secondes, formulez-le
  4. Formuler les éléments – assurez-vous que les composants explicatifs ou optionnels de la réponse soient placés entre parenthèses, afin que votre attention se concentre sur la partie la plus importante de l’élément. Les parties entre parenthèses peuvent être lues après la répétition pour renforcer le souvenir dans son contexte
  5. Utiliser l’indice d’oubli – vous pouvez utiliser l’ indice d’oubli pour prioriser les éléments en attente. L’ordre des répétitions sera naturellement déterminé par SuperMemo ; cependant, vous pouvez demander un niveau de rétention plus élevé pour les éléments les plus importants, et un niveau plus faible pour les éléments de priorité moindre
  6. Apprendre – le processus de priorisation ne s’arrête pas au début des répétitions. Voici les outils que vous pouvez utiliser pour continuer à ajuster vos priorités pendant que l’apprentissage est en cours :
    • Remémoriser (Ctrl+M) – remémoriser les éléments de haute priorité qui ont changé, ou qui sont extrêmement importants pour vos connaissances à un moment donné. En choisissant Ctrl+M, vous pourrez déterminer le prochain intervalle pour l’élément actuellement révisé (son compteur de répétitions sera remis à zéro). Il est recommandé de toujours remémoriser les éléments dont le contenu a significativement changé
    • Replanifier (Ctrl+J) – planifier manuellement la date de la prochaine répétition
    • Exécuter la répétition (Ctrl+Maj+R) – exécuter manuellement une répétition avant même sa date d’échéance (par exemple, lors de la révision d’une matière particulièrement importante)
    • Oublier (Ctrl+R) – retirer l’élément actuel du processus d’apprentissage et le placer à la fin de la file d’attente
    • Rejeter (Ctrl+D) – ignorer complètement l’élément actuel dans le processus d’apprentissage
    • Supprimer (Ctrl+Maj+Suppr) – retirer l’élément actuel de votre collection
    • Modifier l’indice d’oubli des éléments mémorisés, ou modifier l’ordre des éléments en attente (Ctrl+Maj+P)

Résumé

Voici à nouveau les vingt règles de formulation des connaissances. Vous remarquerez que les 16 premières règles tournent toutes autour de la simplification des souvenirs ! Certaines règles se recoupent fortement. Par exemple : n’apprenez pas ce que vous ne comprenez pas est une forme d’application du principe d’information minimale, qui est lui-même une façon de simplifier les choses :

  1. N’apprenez pas ce que vous ne comprenez pas
  2. Apprenez avant de mémoriser – construisez la vue d’ensemble avant de la décomposer en éléments simples dans SuperMemo. Si l’ensemble présente des trous, révisez-le encore !
  3. Construisez à partir des bases – ne vous jetez jamais à corps perdu dans un manuel complexe, car vous pourriez ne jamais en voir la fin. Des bases bien mémorisées aideront le reste des connaissances à s’assembler facilement
  4. Respectez le principe d’information minimale – si vous continuez à oublier un élément, essayez de le rendre aussi simple que possible. Si cela ne suffit pas, reportez-vous aux autres règles (texte à trous, graphiques, techniques mnémotechniques, conversion des ensembles en énumérations, etc.)
  5. Le texte à trous est simple et efficace – compléter un mot ou une expression manquante n’est pas seulement une méthode d’apprentissage efficace. C’est surtout un excellent moyen d’accélérer la formulation des connaissances, particulièrement recommandé pour les débutants
  6. Utilisez l’imagerie – une image vaut mille mots
  7. Utilisez des techniques mnémotechniques – renseignez-vous sur les listes de crochets (peg lists) et les cartes mentales. Étudiez les livres de Tony Buzan. Apprenez à transformer vos souvenirs en images amusantes. Vous n’aurez plus de problème avec les numéros de téléphone et les chiffres complexes
  8. La suppression graphique est aussi efficace que le texte à trous – masquer certaines parties d’une image est excellent pour apprendre l’anatomie, la géographie et bien plus
  9. Évitez les ensembles – les grands ensembles sont pratiquement impossibles à mémoriser, à moins de les convertir en énumérations !
  10. Évitez les énumérations – les énumérations sont aussi difficiles à retenir, mais peuvent être traitées avec le texte à trous
  11. Combattez l’interférence – même les éléments les plus simples peuvent devenir totalement insaisissables s’ils ressemblent à d’autres éléments. Utilisez des exemples, des indices de contexte, des illustrations vivantes, faites appel aux émotions et à votre vie personnelle
  12. Optimisez la formulation – tout comme vous réduisez des équations mathématiques, vous pouvez réduire des phrases complexes en maximes intelligentes, compactes et agréables
  13. Référez-vous à d’autres souvenirs – construire des souvenirs sur d’autres souvenirs crée une structure cohérente et étanche, moins susceptible d’être touchée par l’oubli. Construisez à partir des bases et utilisez une redondance planifiée pour combler les lacunes
  14. Personnalisez et fournissez des exemples – la personnalisation est peut-être le moyen le plus efficace de s’appuyer sur d’autres souvenirs. Votre vie personnelle est une mine d’or de faits et d’événements auxquels vous référer. Tant que vous construisez une collection pour vous-même, utilisez la personnalisation largement pour vous appuyer sur des souvenirs bien établis
  15. Appuyez-vous sur les états émotionnels – les émotions sont liées aux souvenirs. Si vous apprenez un fait dans un état de tristesse, vous serez plus susceptible de vous en souvenir lorsque vous serez triste. Certains souvenirs peuvent induire des émotions et vous aider à exploiter cette propriété du cerveau pour mieux mémoriser
  16. Les indices de contexte simplifient la formulation – fournir un contexte est un moyen de simplifier les souvenirs, de s’appuyer sur des connaissances antérieures et d’éviter l’interférence
  17. La redondance ne contredit pas le principe d’information minimale – certaines formes de redondance sont les bienvenues. Il y a peu de mal à mémoriser un même fait sous différents angles. L’approche passive et active est particulièrement utile pour apprendre des paires de mots. Mémoriser les étapes de dérivation dans la résolution de problèmes est un moyen de renforcer vos capacités intellectuelles !
  18. Fournissez vos sources – les sources vous aident à gérer votre apprentissage, à mettre à jour vos connaissances, et à juger de leur fiabilité ou de leur importance
  19. Fournissez un horodatage – l’horodatage est utile pour les connaissances instables qui évoluent dans le temps
  20. Établissez des priorités – l’apprentissage efficace repose entièrement sur la priorisation. En lecture incrémentale, vous pouvez partir de connaissances mal formulées et améliorer leur forme au fil de l’apprentissage (proportionnellement au coût d’une mauvaise formulation). Si besoin, vous pouvez revoir des éléments de connaissance, les diviser, les reformuler, les repriorer, ou les supprimer. Voir aussi : Incremental reading, Devouring knowledge, Flow of knowledge, Using tasklists