Toute personne souhaitant améliorer ses capacités d’apprentissage doit rester vigilante face à la déferlante d’affirmations fausses qui pullulent dans les livres et les ressources consacrées à l’apprentissage accéléré. Cette liste courte et concise devrait vous aider à éviter les livres ou sites qui s’écartent des bases de la science. Outre les mythes sur la mémoire, vous trouverez, en bas de page, un résumé d’autres mythes traités plus en détail ailleurs sur ce site.
Gardez toujours un esprit critique. Aiguisez votre scepticisme, et appliquez-le aussi à cette liste. Consultez des sources fiables.
Mythes sur la mémoire
- Mythe : il est possible de créer des souvenirs éternels. Même des chercheurs reconnus emploient le terme de permastore (voir : Prof. Harry Bahrick). L’idée répandue est qu’il serait possible d’apprendre certaines choses suffisamment bien pour les mettre définitivement à l’abri de l’oubli. Réalité : on peut effectivement apprendre quelque chose assez solidement pour qu’il devienne pratiquement impossible de l’oublier au cours d’une vie. Chaque souvenir à long terme, selon sa force, possède une durée de vie estimée. Lorsque cette force est très élevée, cette durée peut dépasser notre propre espérance de vie. Mais si, par hypothèse, nous disposions de 200 années supplémentaires, aucun souvenir formé aujourd’hui ne resterait intact sans répétition
- Mythe : on n’oublie jamais rien. Certains programmes d’apprentissage accéléré prétendent que nous n’oublions jamais ce que nous apprenons, que le savoir est simplement « égaré » et que la clé d’une bonne mémoire consiste à savoir le retrouver. Réalité : toute connaissance est soumise à une érosion progressive. Même votre propre nom n’est pas à l’abri. Ce n’est qu’une question de probabilité. Les souvenirs solides ont très peu de chances d’être oubliés. La probabilité d’oublier son propre nom ressemble à celle d’être frappé par un astéroïde : possible, mais on n’y pense pas au quotidien
- Mythe : la mémoire est infinie. Réalité : quiconque possède une compréhension même basique du fonctionnement computationnel de la mémoire sait que cette affirmation est absurde. Ce n’est pourtant qu’une croyance parmi un million d’autres, tout aussi incompatibles avec les connaissances scientifiques de base. Après tout, la moitié des Américains croient encore que la Terre a été créée par Dieu il y a moins de 10 000 ans (voir : excuses). On ne peut même pas espérer mémoriser l’Encyclopædia Britannica en une vie. Les souvenirs sont stockés dans un nombre fini d’états, dans un nombre fini de récepteurs, au sein d’un nombre fini de synapses, dans un volume fini du système nerveux central humain. Pire encore, stocker de l’information à long terme n’est pas chose facile. La plupart des gens auront du mal à dépasser les 300 000 faits mémorisés au cours d’une vie. Pour l’excès inverse de ce mythe, voir : la surcharge de mémoire pourrait provoquer la maladie d’Alzheimer
- Mythe : les mnémotechniques sont une panacée contre une mauvaise mémoire. Certains programmes de mémorisation misent tout sur les techniques mnémotechniques. Ils prétendent qu’une fois le savoir représenté de la bonne manière, il peut être mémorisé de façon quasi permanente. Réalité : les techniques mnémotechniques réduisent considérablement la difficulté à retenir les choses en mémoire. Elles ne produisent cependant pas de souvenirs éternels. La répétition reste nécessaire, même si elle peut être moins fréquente. Si l’on compare vos outils d’apprentissage à une voiture, les mnémotechniques sont comme un pneu : on peut rouler sans, mais le trajet est bien plus confortable avec
- Mythe : plus on répète, mieux c’est. De nombreux ouvrages conseillent de revoir ses supports le plus souvent possible (Repetitio mater studiorum est). Réalité : répéter trop souvent n’est pas seulement une perte de temps précieux, cela peut aussi vous empêcher de former efficacement des souvenirs solides. Le moyen le plus rapide de construire des souvenirs durables consiste à revoir son support à des moments précisément déterminés. Pour des souvenirs durables avec un effort minimal, utilisez la répétition espacée (voir SuperMemo)
- Mythe : il faut toujours utiliser des techniques mnémotechniques. Certains passionnés de mnémotechnique affirment qu’il faut les employer en toute circonstance et pour tout type de savoir, et qu’apprendre sans elles est toujours moins efficace. Réalité : les techniques mnémotechniques ont aussi un coût. Il est parfois plus simple de mémoriser une chose directement. La paire de mots teacher = instruisto en espéranto est déjà mnémotechnique en soi (à condition de connaître les règles de grammaire, les racines et les suffixes de base de l’espéranto). Utiliser des techniques mnémotechniques peut donc, dans certains cas, être superflu. La règle générale est la suivante : ne faites appel aux techniques mnémotechniques que lorsque vous constatez une difficulté à retenir une chose précise. Par exemple, vous voudrez presque toujours utiliser un système de « pegs » pour mémoriser des numéros de téléphone. Idéalement, les astuces mnémotechniques devraient faire partie de votre arsenal d’apprentissage, employées de façon automatique et inconsciente. Vous développerez cela avec le temps, à force d’un apprentissage intensif
- Mythe : on ne peut pas améliorer sa mémoire par l’entraînement. La mémoire infinie est un mythe optimiste populaire. Le mythe pessimiste, à l’inverse, veut que l’on ne puisse pas améliorer sa mémoire par l’entraînement. Même William James, dans son ouvrage de génie The Principles of Psychology (1890), affirmait avec certitude que la mémoire ne change jamais, sauf pour s’appauvrir (par exemple à cause d’une maladie). Réalité : à un niveau synaptique très basique, la mémoire est en effet assez résistante à toute amélioration. Non seulement elle semble peu évoluer au cours d’une vie, mais elle fonctionne aussi de manière très similaire chez tous les individus. À ce niveau élémentaire, les synapses d’une personne au QI modeste sont tout aussi entraînables que celles d’un génie. Elles ne diffèrent d’ailleurs guère de celles du mollusque Aplysia ou de la mouche Drosophila. Mais la mémoire et l’apprentissage ne se réduisent pas à une simple synapse. La différence principale entre un élève médiocre et un génie réside dans sa capacité à représenter l’information pour l’apprendre. Un génie décompose rapidement l’information et construit des modèles simples qui facilitent la vie. Des modèles simples de la réalité aident à la comprendre, à la traiter et à s’en souvenir. Ce que William James a omis de mentionner, c’est qu’une semaine de formation aux techniques mnémotechniques améliore considérablement les capacités d’apprentissage de la plupart des gens. Leur mémoire moléculaire ou synaptique ne s’améliore peut-être pas, mais leur capacité à manipuler le savoir, si. Ils peuvent en conséquence retenir plus de choses, et plus longtemps. L’apprentissage est un processus qui s’auto-accélère et s’auto-amplifie, ce qui conduit souvent à des résultats presque miraculeux.
- Mythe : la théorie de la variabilité de l’encodage. De nombreux chercheurs ont longtemps cru que présenter un support dans des contextes variés, à intervalles plus longs, était efficace justement grâce à cette variation de contexte. Réalité : des recherches méthodiques montrent le contraire. Si vous répétez votre support d’apprentissage exactement dans le même contexte, votre rappel sera plus facile. Naturellement, un savoir acquis dans un contexte donné peut être difficile à retrouver dans un autre. C’est pourquoi votre apprentissage doit viser à produire une trace mnésique très précise, récupérable de façon universelle, quel que soit le contexte. Par exemple, si vous voulez apprendre le mot informavore, ne demandez pas Comment puis-je appeler Jean ? Il se nourrit de savoir au petit-déjeuner. Cette définition est trop dépendante du contexte. Même facile à retenir, elle risque de s’avérer inutile plus tard. Demandez plutôt : Comment appelle-t-on une personne qui dévore l’information ? Désormais, même si vous posez toujours la même question dans le même contexte, vous serez capable d’utiliser correctement le mot informavore quand le besoin s’en présentera. Pour en savoir plus sur la variabilité de l’encodage et l’effet d’espacement, voir : la répétition espacée dans la pratique de l’apprentissage
- Mythe : les cartes mentales sont toujours meilleures que les images. Une image vaut mille mots. Il est vrai que nous retenons bien mieux les images que les mots. Il est vrai que les cartes mentales sont l’une des meilleures représentations visuelles du savoir. Certains adeptes des techniques mnémotechniques affirment que tout apprentissage devrait prendre la forme d’une image, voire d’une carte mentale. Réalité : tout dépend du support à apprendre. L’un des plus grands atouts du texte est sa compacité et la facilité avec laquelle on peut le produire. Pour mémoriser la date d’anniversaire de votre grand-mère, vous n’avez pas vraiment besoin de sa photo : un simple moyen mnémotechnique verbal, rapide à taper, suffira. Dans l’apprentissage de paires de mots, 80 % de votre support peut être purement textuel et rester aussi efficace, voire plus, qu’un support imagé. Si l’on vous demande la date de la bataille de Trafalgar, vous n’avez pas besoin d’une image de Napoléon en illustration. Tant que vous visualisez son visage au son de son nom, vous disposez de tous les liens nécessaires pour déduire les connaissances pertinentes. Ajouter une image de la bataille elle-même enrichira la qualité et l’étendue du savoir mémorisé, mais vous devrez investir quelques minutes supplémentaires pour trouver l’illustration adéquate. Parfois, une simple formule textuelle suffit amplement
- Mythe : revoyez votre support plusieurs fois le premier jour. De nombreux auteurs recommandent des répétitions rapprochées dès le jour du premier contact avec un nouveau support d’apprentissage. D’autres proposent le microspacing (c’est-à-dire l’usage de la répétition espacée pour des intervalles de quelques minutes ou heures). Ces méthodes sont censées consolider le savoir nouvellement acquis. Réalité : une seule répétition efficace le premier jour d’apprentissage suffit. Il peut bien sûr arriver que vous ne parveniez pas à vous rappeler une information dès la première exposition ; dans ce cas, il faudra répéter l’exercice. Il peut aussi arriver que vous ne réussissiez pas à relier entre elles des informations connexes et qu’une révision soit nécessaire pour construire une vision d’ensemble. Mais dans l’idéal, le jour n° 1, vous devez (1) comprendre puis (2) réaliser un seul rappel actif réussi (par exemple répondre à la question « Quand la Pangée a-t-elle commencé à se fragmenter ? »). Une seule exposition suffit alors à amorcer le processus de consolidation de la trace mnésique
- Mythe : revoyez votre support le lendemain, après une bonne nuit de sommeil. De nombreux auteurs pensent que le sommeil consolide les souvenirs et qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud pour garantir un bon rappel. Ils recommandent donc une révision solide dès le lendemain de la première exposition. Réalité : bien que le sommeil soit essentiel à l’apprentissage et que la révision soit essentielle à la mémorisation, le moment optimal de la première révision se situe en général plutôt entre 3 et 7 jours. Ce chiffre découle des calculs qui sous-tendent la répétition espacée. Si l’on vise à maximiser la vitesse d’apprentissage à un taux de rappel stable de 95 %, la plupart des connaissances bien formulées, pour un élève entraîné, nécessiteront une première révision entre 3 et 7 jours. Certains éléments doivent effectivement être revus dès le lendemain. D’autres peuvent attendre un mois entier. SuperMemo et les autres logiciels fondés sur la répétition espacée optimisent la durée de ce premier intervalle avant la première révision
- Mythe : apprenez de nouvelles choses avant de dormir. À cause des recherches montrant l’importance du sommeil dans l’apprentissage, un mythe répandu veut que le meilleur moment pour apprendre soit juste avant de dormir, afin que le savoir nouvellement acquis soit rapidement consolidé pendant la nuit. Réalité : c’est l’inverse qui est vrai. Le meilleur moment pour apprendre, chez une personne en bonne santé, est le petit matin. Beaucoup d’étudiants souffrent du syndrome de retard de phase du sommeil (voir : Bien dormir pour bien apprendre) et ne peuvent tout simplement pas apprendre le matin : ils sont trop somnolents et leur esprit semble plus clair dans le calme de la nuit tardive. Ils obtiennent peut-être effectivement de meilleurs résultats en apprenant la nuit, mais ils feraient mieux de résoudre leur trouble du sommeil (par exemple grâce au sommeil en rythme libre). Apprendre tard peut réduire l’interférence mnésique, c’est-à-dire l’effacement du support appris par les nouvelles connaissances acquises dans la journée. Mais un facteur bien plus important est l’état neurohormonal du cerveau pendant l’apprentissage. Sur le plan hormonal, le cerveau est mieux préparé à apprendre le matin : c’est là qu’il montre la vigilance la plus élevée et le meilleur équilibre entre attention et créativité. Les gains en structuration du savoir et en vitesse de traitement dépassent largement les avantages mineurs de l’apprentissage nocturne
- Mythe : bien dormir longtemps est bon pour la mémoire. L’association entre sommeil et apprentissage a fait croire à beaucoup que plus on dort longtemps, plus on est en bonne santé, et que dormir longtemps améliore la consolidation de la mémoire. Réalité : tout ce dont on a besoin pour apprendre efficacement, c’est d’un sommeil bien structuré, pris au bon moment et d’une durée optimale. Beaucoup de personnes dorment moins de 5 heures et se réveillent en pleine forme. Beaucoup de génies dorment peu et pratiquent la sieste éclair. Un sommeil trop long peut d’ailleurs être corrélé à la maladie : c’est pourquoi les études de mortalité montrent que ceux qui dorment 7 heures vivent plus longtemps que ceux qui dorment 9 heures. La meilleure formule pour bien dormir : écoutez votre corps. Allez dormir quand vous êtes fatigué et dormez aussi longtemps que nécessaire. Une fois que vous trouvez un bon rythme sans réveil, votre sommeil pourra finalement durer moins longtemps tout en produisant de bien meilleurs résultats sur l’apprentissage. C’est la structure naturelle et saine des cycles de sommeil qui favorise un bon apprentissage (notamment pour la résolution de problèmes non déclarative, la créativité, l’apprentissage procédural, etc.). Il n’est pas vrai qu’un sommeil court entraîne systématiquement une mauvaise mémoire
- Mythe : les ondes alpha sont idéales pour apprendre. Des myriades de programmes d’apprentissage rapide proposent d’apprendre dans un « état de relaxation ». Des sommes colossales sont ainsi mal investies par des clients en quête d’un soulagement instantané à leurs difficultés scolaires. Réalité : il est vrai que l’état de relaxation est essentiel à l’apprentissage. « Relaxé » signifie ici sans stress, sans distraction et sans fatigue. Mais méfiez-vous dès que l’on vous parle d’apprentissage rapide par induction d’ondes alpha. Les ondes alpha sont surtout connues pour apparaître lorsqu’on est sur le point de s’endormir. Elles sont davantage corrélées à l’absence de traitement visuel qu’à l’absence de stress perturbateur. Vous n’avez pas besoin d’un « appareil à ondes alpha » pour entrer dans un « état de relaxation ». Vous ferez bien mieux en investissant votre temps et votre argent dans un environnement d’apprentissage calme et paisible, ainsi que dans des compétences liées à la gestion du temps, à la résolution de conflits et à la gestion du stress. Les dispositifs de neurofeedback peuvent avoir un rôle à jouer dans les cas de stress particulièrement tenaces. Mais une bonne santé, un environnement paisible, une famille aimante, etc., restent vos meilleurs alliés simples pour atteindre l’« état de relaxation »
- Mythe : la mémoire décline avec l’âge. Le vieillissement affecte inévitablement tous les organes. 50 % des personnes de 80 ans présentent des symptômes de la maladie d’Alzheimer. D’où la croyance largement répandue que la mémoire se rouille inévitablement avec l’âge. Réalité : il est vrai que l’on perd des neurones avec l’âge, et il est vrai que le risque d’Alzheimer augmente avec l’âge. Mais une mémoire bien entraînée est assez résistante et montre relativement moins de signes fonctionnels de vieillissement que les articulations, le cœur, le système vasculaire, etc. De plus, l’entraînement élargit l’étendue de vos connaissances, et paradoxalement, vos capacités mentales peuvent même continuer à progresser jusqu’à un âge très avancé
- Mythe : on peut booster son apprentissage avec des pilules de mémoire. D’innombrables sociétés cherchent à commercialiser divers médicaments et compléments alimentaires en prétendant qu’ils améliorent la mémoire. Réalité : de telles pilules n’existent tout simplement pas (août 2003). De nombreux médicaments et compléments aident indirectement votre mémoire en améliorant simplement votre santé générale. Beaucoup de substances peuvent aider le processus d’apprentissage lui-même (par exemple de petites doses de caféine, de sucre, etc.), mais ce ne devrait pas être votre préoccupation principale. C’est comme courir un marathon : certains aliments et substances peuvent vous aider à courir, mais si vous êtes un mauvais coureur, aucune pilule magique ne vous fera finir en moins de 3 heures. Ne comptez pas sur des « pharmi-racles ». Un brillant chercheur en mémoire, le Pr Jim Tully, pense que ses recherches sur CREB déboucheront un jour sur une pilule de mémoire. Mais sa pilule ne devrait probablement pas agir spécifiquement sur les souvenirs souhaités tout en laissant les autres s’effacer normalement. Ainsi, chaque prise de la pilule risquerait de produire un effet secondaire : le renforcement de toutes les traces mnésiques formées durant la période où elle agit. Les chercheurs en réseaux de neurones connaissent ce problème sous le nom de dilemme stabilité-plasticité. L’évolution a résolu ce problème d’une manière qu’il sera difficile de changer. On peut néanmoins admettre que la combinaison d’un renforcement mnésique de courte durée avec une répétition espacée finement ciblée (comme avec SuperMemo) pourrait effectivement apporter un gain supplémentaire à l’apprentissage
- Mythe : apprendre en pratiquant est la meilleure méthode. Tout le monde a déjà expérimenté la valeur de l’apprentissage par la pratique. Cette forme d’apprentissage produit souvent des souvenirs qui durent des années. Rien d’étonnant à ce que certains éducateurs pensent que l’apprentissage par la pratique devrait dominer toute la pédagogie. Réalité : l’apprentissage par la pratique est très efficace en termes de qualité des souvenirs produits, mais il coûte aussi très cher en temps, en matériel, en organisation, etc. L’expérience de la patte d’une grenouille morte qui se contracte au contact d’un fil électrique peut rester gravée toute une vie (peut-être même sous forme de cauchemars, par culpabilité d’avoir tué l’animal). Pourtant, une simple photo ou vidéo de la même expérience peut être téléchargée sur Internet en quelques secondes et retenue à vie grâce à la répétition espacée, pour un coût de 60 à 100 secondes. C’est incomparablement moins coûteux que de chasser des grenouilles dans un étang. Quand vous apprenez à programmer votre magnétoscope, vous n’essayez pas toutes les fonctions listées dans le manuel, car cela prendrait une vie entière : vous survolez l’essentiel et ne pratiquez que les manipulations qui vous sont réellement utiles. L’apprentissage par la pratique ne devrait être privilégié que lorsqu’il en vaut la peine. Naturellement, dans le domaine de l’apprentissage procédural (par exemple la natation, la dactylographie, le jeu d’un instrument, etc.), l’apprentissage par la pratique est bien la bonne approche — cela découle même de la définition de l’apprentissage procédural
- Mythe : il est possible de mémoriser l’Encyclopædia Britannica. Des anecdotes évoquent des personnages historiques ou légendaires capables d’exploits mnémoniques incroyables : apprendre 56 langues avant 17 ans, mémoriser 100 000 hadiths, faire preuve d’une mémoire photographique durant des années, etc. Rien d’étonnant à ce que cela nourrisse la conviction qu’il serait possible de mémoriser Britannica mot pour mot, la seule question étant celle du bon talent ou de la bonne technique. Réalité : un esprit sain, intelligent et non mutant présente un rythme d’apprentissage étonnamment constant. Si l’on présente Britannica sous forme d’un ensemble de questions-réponses bien formulées, il est facile d’estimer grossièrement le temps total nécessaire pour la mémoriser. Si Britannica compte 44 millions de mots, cela génère 6 à 15 millions de « cloze deletions », lesquelles nécessiteront 50 à 300 millions de répétitions avant d’aboutir (voir la théorie de la répétition espacée), soit 25 à 700 ans de travail en supposant 6 heures d’efforts quotidiens sans relâche — et cela en supposant que le support soit déjà prêt à être mémorisé. Préparer les questions et réponses appropriées peut prendre 2 à 5 fois plus de temps que la mémorisation elle-même. Si l’on fixe la fluidité linguistique à 20 000 éléments (ce qu’il faut pour réussir brillamment le TOEFL ou lire Shakespeare sans difficulté), la limite théorique sur une vie pour apprendre une cinquantaine de langues ne serait pas impossible (en supposant un dévouement total, du matin au soir, à cette tâche). Naturellement, ceux qui prétendent parler couramment 50 langues disposent plus vraisemblablement d’un arsenal proche de 2 000 mots par langue — ce qui reste tout de même impressionnant
- Mythe : l’hypertexte peut remplacer la mémoire. Une proportion étonnamment grande de la population méprise la mémorisation. Les termes « apprentissage par cœur », « répétition mécanique », « rabâchage stérile » servent à qualifier d’inintelligente toute forme de mémorisation ou de répétition. Voir « la vue d’ensemble », « raisonner » et laisser la tâche de se souvenir à des sources hypertextes externes sont censés constituer des solutions de remplacement viables. Réalité : la mémoire associative est au cœur de la puissance de l’esprit humain. Les références hypertextes sont un piètre substitut à la mémoire associative. Deux faits stockés dans la mémoire humaine peuvent instantanément être combinés pour donner naissance à une idée nouvelle. Les mêmes faits stockés sur Internet resteront inutiles jusqu’à ce qu’un esprit créatif les assemble. Un esprit riche en savoir peut produire des associations riches face à une nouvelle information. Un esprit vide est aussi utile qu’un enfant en bas âge disposant de la puissance d’Internet pour chercher une solution. Les réseaux de neurones biologiques fonctionnent de telle manière que le savoir n’est conservé en mémoire que s’il est rafraîchi ou révisé. L’apprentissage et la répétition demeurent donc essentiels au progrès de l’humanité.
- Mythe : les gens diffèrent par leur vitesse d’apprentissage, mais oublient tous à la même vitesse. Réalité : bien qu’il existe des mutations pouvant affecter le rythme de l’oubli, au niveau biologique le plus élémentaire, c’est-à-dire synaptique, ce rythme est en effet fondamentalement le même, indépendamment de votre intelligence. Cependant, ce qui permet à certains d’apprendre plus vite les aide aussi à oublier plus lentement. La clé de l’apprentissage et de l’oubli lent réside dans la représentation, c’est-à-dire la façon dont le savoir est formulé. Si vous apprenez avec SuperMemo, vous savez que les éléments peuvent être très difficiles ou très faciles. Les plus difficiles s’oublient bien plus vite et nécessitent des intervalles plus courts entre les répétitions. La clé pour rendre les éléments faciles est de bien les formuler. De plus, les bons élèves obtiendront de meilleures performances sur exactement le même support. En effet, le véritable test de la formulation d’un savoir ne réside pas dans sa structure sur le support d’apprentissage, mais dans la façon dont il est stocké dans l’esprit. Avec un effort d’apprentissage massif, vous améliorerez progressivement la façon dont vous absorbez et représentez le savoir dans votre esprit. L’élève le plus rapide est celui qui parvient instinctivement à visualiser et stocker le savoir en utilisant une imagerie à information minimale et à connectivité maximale
- Mythe : apprendre en dormant. Un nombre incalculable de programmes d’apprentissage promettent de vous faire gagner des années de vie en apprenant pendant le sommeil. Réalité : il est possible de conserver certains souvenirs générés pendant le sommeil : stimuli externes, rêves, hallucinations hypnagogiques et hypnopompiques (c’est-à-dire vécues en s’endormant ou en se réveillant). Il est cependant quasiment impossible d’exploiter ce processus pour un apprentissage productif. Le volume de savoir pouvant être acquis pendant le sommeil est négligeable. Apprendre en dormant peut même perturber le sommeil lui-même. Il ne faut pas confondre l’apprentissage pendant le sommeil avec le processus naturel de consolidation et d’optimisation de la mémoire qui se produit durant le sommeil. Ce processus a lieu pendant une coupure sensorielle complète, c’est-à-dire qu’aucune méthode connue ne permet d’en influencer le déroulement au profit de l’apprentissage. Apprendre en dormant n’est pas seulement une perte de temps totale : cela peut carrément être néfaste pour la santé
- Mythe : une grande fluidité de rappel reflète une grande force mnésique. Nos observations quotidiennes semblent indiquer que si nous nous rappelons les choses facilement, si nous faisons preuve d’une grande fluidité, nous avons de bonnes chances de nous en souvenir longtemps. Réalité : la fluidité n’est pas liée à la force mnésique ! Le modèle à deux composantes de la mémoire à long terme montre que la fluidité est liée à la variable mnésique appelée récupérabilité, tandis que la durée pendant laquelle nous pouvons conserver un souvenir est liée à une autre variable appelée stabilité. Ces deux variables sont indépendantes. Cela signifie que l’on ne peut pas déduire la stabilité mnésique de la fluidité actuelle (la récupérabilité). Cette confusion vient du fait que, dans l’apprentissage traditionnel, c’est-à-dire non fondé sur la répétition espacée, nous avons tendance à ne retenir que les souvenirs relativement faciles à retenir. Ces souvenirs présenteront généralement une grande fluidité (récupérabilité). Ils dureront aussi longtemps pour des raisons d’importance, de répétition, d’attachement émotionnel, etc. Rien d’étonnant donc à ce que l’on croie que la fluidité soit corrélée à la force mnésique. Les utilisateurs de SuperMemo peuvent témoigner qu’en dépit d’une excellente fluidité juste après une répétition, la durée réelle de l’intervalle pendant lequel on se souvient d’un élément dépend plutôt de l’historique des répétitions précédentes : on se souvient mieux des éléments qui ont été répétés de nombreuses fois. Voir aussi : automaticité et probabilité d’oubli
Cette liste de mythes n’est en rien exhaustive. Je n’y ai inclus que les distorsions de la vérité les plus dommageables, c’est-à-dire celles susceptibles de tromper même une personne bien informée. Je n’y ai pas inclus les mythes qui insultent notre intelligence. Je ne me suis pas attardé sur les souvenirs refoulés, l’apprentissage subliminal, l’apprentissage psychique ou la vision à distance (contrairement à la CIA). La liste serait tout simplement trop longue.
Voir aussi : FAQ sur la mémoire
Mythes sur le sommeil (voir Bien dormir pour bien apprendre pour une liste plus complète)
- Mythe : puisque l’on se sent reposé après avoir dormi, le sommeil doit servir à se reposer. Demandez à n’importe qui, même à un étudiant en médecine : À quoi sert le sommeil ?. Presque tout le monde vous répondra : Le sommeil sert à se reposer. Réalité : le sommeil sert à optimiser la structure des souvenirs. S’il servait au repos ou aux économies d’énergie, une simple pomme par nuit suffirait à couvrir cette économie. Pour encoder efficacement les souvenirs, les mammifères, les oiseaux et même les reptiles doivent couper la pensée et effectuer un « ménage » dans leur cerveau. C’est vital pour leur survie. C’est pourquoi l’évolution a mis en place un mécanisme de défense contre le fait de sauter le sommeil : si nous ne dormons pas, nous nous sentons misérables. En réalité, nous ne sommes pas aussi épuisés que nous le ressentons ; les dégâts peuvent être rapidement réparés par une bonne nuit de sommeil. Notre santé n’en souffre peut-être pas autant que notre apprentissage et notre intelligence. Ce sentiment d’épuisement en cas de privation de sommeil résulte simplement de la punition infligée par notre cerveau pour ne pas avoir respecté les règles d’une forme de vie intelligente. Laissez la mémoire se restructurer au moment programmé pour elle
- Mythe : dormir peu vous rend plus compétitif. Beaucoup de gens sont si occupés par leur vie qu’ils ne dorment que 3 à 4 heures par nuit. Ils croient de plus que dormir peu les rend plus compétitifs. Beaucoup s’entraînent à dormir un minimum. Donald Trump, dans son dernier livre, affirme : « Si vous voulez devenir milliardaire, dormez le moins possible ». Réalité : il est vrai que beaucoup de génies ont peu dormi. Beaucoup de requins des affaires ont dormi encore moins. Cependant, la seule formule valable pour une compétitivité maximale à long terme passe par une santé et une créativité maximales. Si Trump dort 3 heures par nuit et aime son travail, il fonctionne probablement grâce à des hormones de vigilance (ACTH, cortisol, adrénaline, etc.). Son sommeil est probablement très bien structuré, et il tire peut-être plus de bénéfice neuronal par heure de sommeil qu’un dormeur moyen de 8 heures. Cela ne devrait pourtant pas vous inciter à vous forcer à agir avec un réveil. Vous n’obtiendrez un sommeil à la fois court et de qualité maximale que si vous tombez parfaitement dans le creux de votre rythme circadien, c’est-à-dire lorsque votre corps vous dit « il est maintenant temps de dormir ». Dormir à de mauvaises heures, ou avec un sommeil interrompu par un réveil, ne peut que nuire à vos performances intellectuelles et à votre créativité. À l’occasion, vous pourrez penser qu’une perte sur le plan intellectuel sera compensée par un gain sur le plan de l’action (par exemple, conclure cette affaire cruciale). Mais rappelez-vous qu’il faut aussi prendre en compte les conséquences à long terme sur votre santé. À moins, bien sûr, que vous considériez qu’un infarctus à 45 ans soit un bon prix à payer pour devenir milliardaire
- Mythe : les somnifères vous aideront à mieux dormir. Réalité : les benzodiazépines peuvent vous aider à dormir, mais ce sommeil est de bien moindre qualité qu’un sommeil naturel (le terme « somnifère » ne désigne pas ici les compléments favorisant le sommeil comme la mélatonine, les minéraux ou les préparations à base de plantes). Non seulement les benzodiazépines perturbent la séquence naturelle des stades du sommeil, mais elles sont aussi addictives et sujettes à la tachyphylaxie (plus on en prend, plus il en faut). Les somnifères peuvent être utiles dans les situations où le sommeil est médicalement vital et ne peut être obtenu par d’autres moyens. Sinon, évitez-les autant que possible
- Mythe : le silence et l’obscurité sont indispensables pour dormir. C’est peut-être le conseil numéro un donné aux insomniaques : réservez votre chambre au sommeil uniquement, et gardez-la sombre et silencieuse. Réalité : le silence et l’obscurité facilitent effectivement l’endormissement. Ils peuvent aussi aider à maintenir un sommeil superficiel. Cependant, ils ne sont pas indispensables. Pire, pour des millions d’insomniaques, se focaliser sur un lieu de sommeil paisible masque l’essentiel : le facteur le plus important pour bien dormir, en supposant une bonne santé, est le respect de son rythme circadien naturel ! Les personnes qui se couchent en accord avec leur rythme naturel peuvent souvent bien dormir en plein soleil. Elles peuvent aussi montrer une tolérance remarquable à divers bruits (télévision forte, discussions familiales, bruit extérieur, etc.). Tout cela est possible grâce au filtrage sensoriel qui s’opère pendant un sommeil réalisé « en phase ». L’absence de ce filtrage sensoriel lors d’un sommeil pris à la « mauvaise phase » peut facilement être mise en évidence par des changements moindres des potentiels évoqués auditifs enregistrés à divers endroits des voies auditives du cerveau. Les bruits vous réveilleront si vous n’atteignez pas les stades plus profonds du sommeil, et cet échec provient presque toujours d’un sommeil pris à une mauvaise phase circadienne (par exemple, se coucher trop tôt). Si vous souffrez d’insomnie, concentrez-vous sur la compréhension de votre rythme de sommeil naturel. Le lieu de sommeil paisible est secondaire (sauf en cas d’altération du filtrage sensoriel, comme chez certaines personnes âgées). Les insomniaques qui suivent leur rituel quotidien d’obscurité parfaite, de silence, d’absence de stress et de comptage de moutons ressemblent à un automobiliste en panne qui espère des vents favorables plutôt que de chercher la station-service la plus proche. Pire encore, en gardant votre lieu de sommeil trop paisible, vous risquez de vous endormir suffisamment tôt pour être réveillé prématurément par l’élimination rapide de la composante homéostatique du sommeil. Apprenez les principes d’un sommeil sain qui vous permettront de dormir en toutes circonstances. Ce n’est qu’ensuite que vous devriez chercher à rendre votre lieu de sommeil le plus paisible possible. Pour en savoir plus, voir : Bien dormir, bien apprendre
- Mythe : il existe des personnes du matin et des personnes du soir. Réalité : c’est davantage un abus de langage qu’un mythe. Les personnes dites « du soir » peuvent, grâce à la chronothérapie, être facilement amenées à se réveiller avec le soleil. Ce qui différencie réellement les individus, c’est la période de leur horloge biologique interne, ainsi que leur sensibilité et leur exposition aux stimuli capables de remettre ce rythme à l’heure (lumière, activité, stress, etc.). Les personnes dont la journée biologique naturelle est particulièrement longue, et dont la sensibilité aux stimuli de remise à l’heure est faible, ont tendance à travailler tard et à se réveiller tard. D’où la tendance à les qualifier de « type du soir ». En réalité, ces personnes ne préfèrent pas le soir en soi : elles préfèrent simplement des journées de travail plus longues. Le mode de vie influence aussi l’horloge biologique. Passer d’un mode de vie agricole à un mode de vie étudiant entraîne un léger décalage du rythme de sommeil. C’est pourquoi tant d’étudiants se sentent être du « type du soir »
- Mythe : évitez les siestes. Réalité : les siestes peuvent effectivement aggraver l’insomnie chez les personnes souffrant du syndrome de retard de phase du sommeil, surtout si elles sont prises trop tard dans la journée. Sinon, les siestes sont très bénéfiques pour les performances intellectuelles. Il est possible de faire une sieste tôt dans la journée sans perturber son rythme de sommeil. Ces siestes doivent alors se situer avant ou pendant ce qu’on appelle la zone morte, où une sieste ne produit pas de réponse de phase (c’est-à-dire un décalage du rythme circadien)
- Mythe : le travail de nuit est mauvais pour la santé. Réalité : les travailleurs de nuit sont souvent contraints d’arrêter leur activité en raison de divers troubles, notamment cardiaques. Cependant, ce n’est pas le travail de nuit en soi qui est nocif, mais le fait de constamment alterner entre un rythme diurne et un rythme nocturne. Il serait bien plus sain de laisser les travailleurs de nuit développer leur propre rythme régulier, dans lequel ils resteraient éveillés toute la nuit. Ce n’est pas l’éveil nocturne qui est nocif : c’est la manière dont on force le corps à faire des choses qu’il ne veut pas faire
- Mythe : se coucher toujours à la même heure est bon pour vous. Réalité : de nombreux experts du sommeil recommandent de se coucher à la même heure chaque jour. Un rythme régulier est effectivement une forme de chronothérapie recommandée dans de nombreux troubles du rythme circadien. Cependant, les personnes souffrant d’un syndrome de retard de phase sévère peuvent tout simplement se trouver incapables de se coucher à la même heure chaque jour. De telles tentatives forcées ne produiront qu’un cercle vicieux de stress et d’insomnie. Dans ces cas, lutter contre son propre rythme est simplement néfaste pour la santé. Malheureusement, les personnes souffrant de ce syndrome sont souvent contraintes à un rythme « naturel » par leurs obligations professionnelles et familiales
- Mythe : les personnes qui dorment moins vivent plus longtemps. En 2002, le Dr Kripke a comparé la durée du sommeil à la longévité (données de 1982 issues d’une enquête sur le risque de cancer). Il a constaté que les personnes dormant 6 à 7 heures vivaient plus longtemps que celles dormant 8 heures ou plus. Rien d’étonnant à ce qu’un message se soit répandu selon lequel dormir moins ferait vivre plus longtemps. Réalité : le meilleur pronostic de longévité est assuré par un sommeil conforme à son rythme corporel naturel. Ceux qui respectent leur propre bon rythme dorment souvent moins, tout simplement parce que leur sommeil est mieux structuré (et donc plus réparateur). Les personnes qui « dorment naturellement » vivent plus longtemps. Celles qui dorment à l’encontre de ce que leur corps réclame ont souvent besoin de plus d’heures de sommeil sans pour autant se sentir reposées. De plus, la maladie est souvent corrélée à une demande accrue de sommeil : les maladies infectieuses sont réputées pour modifier radicalement les schémas de sommeil. Dans le coma, on n’ajoute vraisemblablement pas des années à sa vie. Corrélation n’est pas causalité
- Mythe : faire la sieste est un signe de faiblesse. Réalité : une sieste n’est pas un signe de faiblesse, de mauvaise santé, de paresse ou de manque d’énergie. C’est un vestige phylogénétique d’un rythme de sommeil biphasique. Tout le monde n’expérimente pas une baisse marquée des performances mentales en milieu de journée : elle peut être bien masquée par l’activité, le stress, les contacts sociaux, le sport, etc. Mais si vous ressentez un creux entre la 6e et la 8e heure de votre journée, faire une sieste peut nettement améliorer vos performances pour la seconde moitié de la journée
- Mythe : le réveil peut vous aider à réguler votre rythme de sommeil. Réalité : un réveil peut vous aider à faire entrer votre rythme de sommeil dans le cadre souhaité, mais il vous aidera rarement à obtenir un rythme de sommeil réellement sain. La seule méthode fiable et éprouvée pour obtenir un sommeil sain, avec un rythme sain, consiste à ne s’endormir que lorsque l’on a réellement sommeil, et à se réveiller naturellement, sans intervention extérieure
- Mythe : être en retard à l’école est un problème grave. Réalité : les enfants qui n’arrivent jamais à se lever pour l’école devraient être laissés tranquilles : leur esprit frais et leur santé sont bien plus importants. 60 % des enfants de moins de 18 ans se plaignent de fatigue diurne, et 15 % s’endorment en classe (États-Unis, 1998). Les parents qui punissent régulièrement leurs enfants pour être en retard à l’école devraient immédiatement consulter un spécialiste du sommeil, et chercher aussi de l’aide pour atténuer les effets psychologiques du traumatisme résultant de ce cycle sans fin de stress, de somnolence et de punition
- Mythe : être en retard à l’école est un signe de paresse. Réalité : si un jeune souffre du syndrome de retard de phase du sommeil, il peut avoir des difficultés persistantes à se lever à temps pour l’école. Ces enfants sont souvent en réalité plus intelligents que la moyenne, et ne sont en rien paresseux. Cependant, leur moment optimal, sur le plan circadien, pour un travail intellectuel survient après l’école, voire tard le soir. À l’école, ils sont somnolents, lents, et perdent simplement leur temps. Si la chronothérapie ne suffit pas, les parents devraient envisager des horaires scolaires plus tardifs, voire l’école à domicile
- Mythe : on peut dormir 3 heures par jour. Beaucoup de gens lisent avec envie des anecdotes sur les habitudes de sommeil de Tesla ou d’Edison, et espèrent pouvoir s’entraîner à ne dormir que 3 heures par jour, gagnant ainsi bien plus de temps pour d’autres activités. Réalité : cela pourrait fonctionner si vous prévoyez de faire la fête en permanence, si votre santé n’est pas une préoccupation, et si vos capacités intellectuelles ne sont pas en jeu. Vous pouvez dormir 3 heures et survivre. Mais si vos ambitions vont au-delà, vous devriez plutôt dormir exactement autant que votre corps le réclame : c’est l’optimum d’une personne intelligente. Avec une santé et des performances intellectuelles améliorées, vos gains sur le long terme seront considérables
- Mythe : on peut s’adapter au sommeil polyphasique. En observant la vie des navigateurs solitaires, beaucoup de gens croient pouvoir adopter le sommeil polyphasique et gagner de nombreuses heures par jour. Dans le sommeil polyphasique, on ne fait que 4 à 5 courtes siestes réparties sur la journée, totalisant moins de 4 heures. Il existe de nombreux « systèmes » qui diffèrent par l’agencement des siestes. Il y a aussi beaucoup de jeunes gens prêts à en subir les désagréments pour voir si cela fonctionne. Bien que la grande majorité abandonne, un petit cercle des plus obstinés survivra quelques mois et perpétuera le mythe, au détriment de la santé publique. Réalité : nous sommes fondamentalement biphasiques, et toute tentative de modifier ce rythme inné entraînera une perte de santé, de temps et de capacités mentales. Le sommeil polyphasique n’a pas été conçu pour une vigilance maximale (encore moins pour une créativité maximale) : il a été conçu pour maintenir une vigilance maximale en conditions de privation de sommeil (comme lors d’une navigation solitaire). Une règle simple : quand on a sommeil, on dort ; une fois endormi, on continue sans interruption. Voir : le mythe du sommeil polyphasique
- Mythe : le sommeil avant minuit est plus précieux. Réalité : le sommeil est le plus précieux lorsqu’il survient au moment déterminé par le mécanisme de votre propre horloge biologique. Si vous n’avez pas sommeil avant minuit, vous forcer peut en réalité gâcher votre nuit si vous vous réveillez trop tôt
- Mythe : le corps réclamera toujours un excès de sommeil, comme il réclame un excès de nourriture. Certaines personnes établissent un parallèle entre notre tendance à trop manger et le sommeil. Elles croient que si l’on laisse le corps dicter la quantité de sommeil, il en réclamera toujours plus qu’il n’en faut réellement. En conséquence, elles préfèrent raccourcir leur sommeil avec un réveil pour « optimiser » la quantité de sommeil obtenue. Réalité : contrairement au stockage des graisses, il semble y avoir peu d’avantage évolutif à un excès de sommeil. Nos 6 à 8 heures habituelles suffisent probablement à effectuer tout le « ménage neuronal » nécessaire. Les personnes en dette de sommeil peuvent effectivement avoir tendance à dormir démesurément longtemps. Mais une fois qu’elles ont rattrapé leur retard et retrouvé leur rythme, la durée de leur sommeil a en réalité tendance à diminuer !
- Mythe : le magnésium, les folates et d’autres compléments peuvent améliorer votre sommeil. Réalité : les nutriments nécessaires à une bonne santé sont aussi bons pour le sommeil. Cependant, la supplémentation ne joue probablement pas un rôle significatif dans la résolution de vos problèmes de sommeil. Les vitamines peuvent aider en cas de carence, mais la grande majorité des troubles du sommeil dans la société provient d’un manque de respect ou de compréhension du rythme circadien. Seule une administration judicieuse de mélatonine est reconnue pour avoir un effet bénéfique sur l’avancement de la phase de sommeil. Si vous avez des problèmes de sommeil, lisez Bien dormir pour bien vivre. Quant aux compléments, contentez-vous d’une alimentation saine et standard. Cela devrait suffire
- Mythe : il est préférable de se réveiller avec le soleil. Réalité : vous devriez vous réveiller au moment où votre corps décide qu’il a suffisamment dormi. Si cela se produit en milieu de journée, un rideau devant la fenêtre vous évitera d’être réveillé par le soleil. Dans le même temps, le soleil peut vous aider à remettre votre horloge biologique à l’heure et à vous réveiller plus tôt. Les personnes qui se réveillent naturellement avec le soleil comptent effectivement parmi les créatures les plus saines de la planète. Mais si vous ne vous réveillez pas naturellement avant 4 heures du matin, essayer de le faire à l’aide d’un réveil ne fera qu’ajouter de la souffrance à votre vie
- Mythe : on ne peut pas changer la période propre de son horloge biologique. Réalité : grâce à diverses astuces chronothérapeutiques, il est possible de modifier légèrement la période de l’horloge. Elle peut être remise à l’heure ou avancée sans danger par la mélatonine, la lumière vive, l’exercice, le moment des repas, etc. Elle peut aussi être remise à l’heure d’une manière moins saine : avec un réveil. Cependant, des changements de mode de vie importants peuvent être nécessaires pour résoudre les cas sévères de syndrome de retard ou d’avance de phase du sommeil. La thérapie peut être éprouvante, et le moindre écart au régime thérapeutique peut entraîner une rechute vers un rythme indésirable. Ceux qui pratiquent le sommeil en rythme libre choisissent peut-être la solution la plus simple face au problème de la période : s’en tenir à la période qui résulte naturellement de leur mode de vie actuel
Voir aussi : FAQ sur le sommeil
Mythes sur la créativité (voir Génie et créativité pour une liste plus complète)
- Mythe : il faut naître avec un esprit créatif ! Réalité : certains enfants montrent effectivement une curiosité et une soif d’apprendre incroyables. Mais il existe de nombreuses techniques capables de multiplier votre créativité. La créativité est entraînable. Voir Génie et créativité pour quelques pistes
- Mythe : si vous manquez votre enfance, votre génie est perdu ! Réalité : le cerveau humain est plastique par nature. Dans de nombreux domaines d’apprentissage, une enfance négligée rend les progrès ultérieurs plus difficiles ; mais l’entraînement peut toujours produire des miracles. L’enfance est très importante pour le développement, mais si vous l’avez manquée, vous pouvez encore combler le retard dans de nombreux domaines grâce à un entraînement intensif
- Mythe : il ne faut pas mémoriser ! Réalité : cette erreur vient du fait que de nombreuses sources ne parviennent pas à décrire tout le spectre d’application du savoir, des faits arides et inutiles aux règles de raisonnement hautement abstraites. La compréhension, la réflexion, la résolution de problèmes, la créativité, etc., reposent toutes sur le savoir. Cette règle devrait plutôt être formulée ainsi : la sélection du savoir est déterminante pour réussir dans l’apprentissage. La définition correcte et non péjorative du verbe mémoriser est : « confier un savoir à la mémoire ». Selon cette définition, on peut dire : mémorisez ! Faites simplement une sélection intelligente des choses à apprendre. Voir : apprentissage intelligent et apprentissage stérile, pour une discussion et des exemples
- Mythe : la multiplication des génies est une menace pour l’humanité. Réalité : la plupart des bonnes choses qui nous entourent sont le fruit de la nature, de l’amour ou du génie humain. Il est vrai que les productions des esprits géniaux servent parfois des fins malveillantes ; mais freiner le génie équivaudrait à freiner, voire inverser, le progrès mondial
- Mythe : si vous faites quelque chose de stupide, vous l’êtes aussi ! Réalité : le cerveau humain est une machine imparfaitement programmée. Il n’arrête jamais d’apprendre et de vérifier ses propres erreurs. Sa base de connaissances est douloureusement limitée. Le même cerveau peut être capable de démêler les complexités de la théorie des cordes, puis de se tromper sur une simple addition. Les notes laissées par Newton, Leibniz ou Babbage montrent qu’ils se sont trompés sur le chemin de leurs grandes découvertes, ou qu’ils se sont égarés dans une direction totalement erronée. On mesure le génie par ses plus grandes réussites, pas par l’absence d’échecs
- Mythe : les génies n’oublient rien ! Réalité : les cerveaux des génies sont faits de la même substance que les cerveaux ordinaires. Leurs souvenirs sont donc soumis exactement aux mêmes lois de l’oubli. Tout savoir dans le cerveau humain décline selon une courbe exponentielle négative. L’oubli est aussi massif dans un esprit génial que dans n’importe quel autre. Les meilleurs outils contre l’oubli sont (1) une bonne représentation du savoir (par exemple les techniques mnémotechniques) et (2) la révision (fondée sur le rappel actif et la répétition espacée). Les génies bénéficient peut-être d’un avantage en développant de puissantes compétences de représentation qui facilitent grandement l’apprentissage. Ils développent souvent ces compétences très tôt, et sans effort conscient. Cependant, la science des mnémotechniques est bien développée, et vous pouvez observer une différence spectaculaire dans vos propres compétences de représentation du savoir après une simple semaine de formation
- Mythe : les génies dorment peu ! Réalité : en observant Edison, Tesla ou Churchill, il est facile de croire que réduire son sommeil ne pose pas de problème pour la réussite créative. Ceux qui essaient de travailler de manière créative en état de privation de sommeil découvriront cependant rapidement qu’un esprit frais est bien plus important que les 2 à 3 heures que l’on peut gagner en dormant moins. Un effet secondaire moins visible de la privation de sommeil concerne la consolidation de la mémoire et la créativité sur le long terme. Le manque de sommeil nuit à la mémorisation. Il empêche aussi les associations créatives qui se construisent pendant le sommeil. Il n’est pas vrai que les génies dorment moins : Einstein donnait le meilleur de lui-même après une bonne nuit de neuf heures de sommeil
- Mythe : tôt mûr, tôt pourri ! Réalité : l’étude Terman contredit cette affirmation. La majorité des enfants précoces accomplissent de grandes choses dans leur vie
- Mythe : il faut un diplôme ! Réalité : Edison n’a suivi que 3 mois de scolarité formelle. Lincoln a passé moins d’un an à l’école. L’éducation formelle de Benjamin Franklin s’est arrêtée à 10 ans. Graham Bell a surtout été formé en famille et en autodidacte. Steve Wozniak, Steve Jobs, Dean Kamen et Bill Gates ont tous abandonné leurs études universitaires. Isaac Newton trouvait l’école ennuyeuse et était considéré par beaucoup comme un élève médiocre. Cependant, ils avaient tous un point commun : ils aimaient les livres et pouvaient passer des journées entières à lire et à étudier
- Mythe : le génie peut être malveillant ! Réalité : la malveillance, par définition, est une forme de bêtise. On peut faire preuve d’un talent de génie dans un domaine restreint tout en étant une personne malveillante, mais un être humain malveillant ne mérite pas le titre de génie. La vraie sagesse dépasse largement un domaine de spécialisation restreint : elle englobe inévitablement les questions d’éthique. C’est pourquoi tous les véritables génies se préoccupent profondément de l’avenir de l’humanité. Voir : la bonté du savoir
- Mythe : soyez unique ! Cela stimule la créativité ! Réalité : la relation entre singularité et créativité est en réalité inverse. Il est vrai que beaucoup de personnes créatives ont un comportement singulier ou étrange. Cela vient de leur regard créatif sur les choses, et de leur refus de se conformer à des formes de tradition qui défient la raison. En aucun cas un effort visant à être unique ne stimulera la créativité en soi. Il est vrai qu’Einstein fumait la pipe, mais cela ne signifie pas que vous deviendrez plus génial en prenant l’habitude de fumer la pipe
- Mythe : la télévision rend stupide ! Réalité : la télévision ou la radio peuvent être néfastes si vous êtes incapable de contrôler ce que vous regardez ou écoutez, ou si vous ne parvenez pas à optimiser la part de votre temps qui leur est consacrée. Sinon, la télévision reste difficile à égaler pour vous présenter un contenu vidéo présélectionné et visuellement percutant à des fins éducatives ou informatives. L’éducation vidéo fondée sur du contenu de chaînes reconnues peut être la forme d’apprentissage sans tuteur la plus efficace. Remplacez MTV par Discovery, et faites une bonne sélection. Bien que vous ne puissiez pas encore pratiquer le visionnage vidéo incrémental (cf. lecture incrémentale), une dose quotidienne de visionnage bien choisi vous aidera à rester informé de l’actualité et à entretenir votre culture générale
- Mythe : la curiosité a tué le chat ! Réalité : tant que vous restez dans les limites de la politesse, vivez plutôt selon un meilleur proverbe : la curiosité est votre passeport vers le royaume du savoir
- Mythe : l’effet Mozart. Écouter Mozart augmente l’intelligence. Réalité : Mozart fut l’un des plus grands génies musicaux de l’histoire. Sa musique pourrait être utilisée dans un entraînement à la musicalité et produire des effets neuronaux bien meilleurs que, disons, la pop d’aujourd’hui. Cependant, l’impact de Mozart sur la croissance neuronale ne peut pas être jugé, de manière vérifiable, supérieur à celui de résoudre des mots croisés, de chanter, de jouer au football ou d’apprendre la chimie. Pour un profane, écouter Mozart peut faire autant de bien qu’une récitation de poèmes de Goethe à un babouin. Écouter Mozart n’est pas non plus supérieur à écouter vos morceaux de musique préférés pour stimuler les « messagers du bonheur » cérébraux. Mozart a été cannibalisé par l’industrie de l’apprentissage accéléré comme un moyen simple de faire de l’argent rapidement. Peu de gadgets sont aussi simples que d’emballer un CD de Mozart avec l’étiquette « Apprenez 10 fois plus vite ». L’effet Mozart illustre magnifiquement le pouvoir de l’argent à créer des mythes. Ce pouvoir a aussi engendré d’autres « solutions d’apprentissage » à bas coût, comme apprendre en dormant, apprendre en se relaxant, ou les compléments boosteurs de mémoire. Malheureusement, même des sites, journaux ou émissions de télévision hautement respectés et réputés tombent dans le panneau de ces mèmes accrocheurs. Votre vigilance doit tripler dans ces domaines
- Mythe : nous n’utilisons que 0,1 % de notre capacité cérébrale. Certains chercheurs réputés ont établi ce chiffre de 0,1 % à partir d’un calcul simple impliquant le nombre de neurones et de synapses présents dans le cerveau humain. Le chiffre obtenu semblait indiquer une capacité de calcul stupéfiante. Réalité : le cerveau est, énergétiquement, un organe très coûteux. Seules des améliorations majeures du régime alimentaire humain au cours de l’évolution ont permis un gain substantiel de la masse cérébrale. Si le chiffre de 0,1 %, ou même de 10 %, était exact, les parties inutilisées du cerveau seraient rapidement éliminées par la sélection naturelle, entraînant un rétrécissement du cerveau destiné à économiser de l’énergie. Un cerveau vivant élague même les circuits peu utilisés, et fait croître de nouvelles connexions là où elles sont nécessaires. Certaines zones du cerveau sont programmées pour exécuter des fonctions hautement spécialisées ; d’autres peuvent facilement servir à stocker de vastes étendues de savoir déclaratif. Le processus de l’oubli a été finement ajusté pour maximiser l’utilisation de l’espace de stockage disponible durant la période reproductive de la vie. Néanmoins, il est peu probable que nous manquions un jour d’espace mémoire en utilisant l’astuce de la répétition espacée pour maximiser l’afflux de nouvelles informations vers la mémoire
- Mythe : les enfants doués deviennent des adultes géniaux. Réalité : c’est la personnalité et l’entraînement qui déterminent le résultat final. La plupart des enfants doués ont la chance de bien réussir ; mais la précocité ne doit jamais être considérée comme acquise
Voir aussi : FAQ sur le génie et la créativité
Mythes sur SuperMemo
Depuis sa création, SuperMemo a toujours dû lutter contre des mythes qui freinaient sa diffusion. Empêcher la réapparition de ces mythes semble être un combat sans fin. Les connaissances sur SuperMemo ont atteint un volume considérable. Tous les utilisateurs ne peuvent pas se permettre de lire des dizaines d’articles. Beaucoup sont enclins à tirer, indépendamment les uns des autres, les mêmes conclusions erronées. Certains de ces mythes prennent racine dans les mythes généraux sur la mémoire (comme ci-dessus). D’autres semblent découler du simple bon sens appliqué à l’apprentissage. Voici quelques-uns des mythes les plus dommageables liés à la répétition espacée et à SuperMemo :
- Mythe : SuperMemo ne peut servir qu’à l’apprentissage des langues. SuperMemo a gagné sa popularité grâce à son efficacité pour apprendre le vocabulaire des langues étrangères. D’où le mythe selon lequel SuperMemo serait un programme pour apprendre les langues. Un mythe apparenté veut qu’il ne serve qu’à bourrer des faits par cœur, et qu’il ne puisse pas être utilisé efficacement pour des sciences complexes, des règles, de la modélisation, la résolution de problèmes, la créativité, etc. Réalité : SuperMemo peut être utilisé pour toute forme d’apprentissage déclaratif (c’est-à-dire l’apprentissage de choses que l’on trouve dans des manuels, par opposition à apprendre à faire du vélo, par exemple). L’apprentissage de paires de mots semble être l’application la plus simple, tandis qu’apprendre des faits et des règles scientifiques complexes exige bien davantage de compétences pour formuler le support d’apprentissage. C’est pourquoi de nombreux utilisateurs échouent effectivement lorsqu’ils essaient d’apprendre, par exemple, l’astronomie. Si vous lisez les 20 règles pour formuler le savoir, vous comprendrez le nombre d’écueils à surmonter. Ces écueils contribuent au mythe n° 1 sur l’applicabilité limitée de SuperMemo
- Mythe : SuperMemo est un excellent outil pour le bourrage de crâne. De nombreux nouveaux utilisateurs entendent dire, de bouche à oreille, que SuperMemo est un excellent outil de bourrage de crâne. Ils sont prêts à acheter le programme uniquement dans la perspective d’un examen prévu dans une semaine. Réalité : SuperMemo est quasiment inutile pour bourrer un savoir censé durer moins d’une semaine. Pour un bourrage de crâne rapide avant un examen, utilisez l’approche traditionnelle de révision, rappel, répétition, connue depuis toujours des « crammeurs ». La puissance de SuperMemo augmente proportionnellement à la durée de vie attendue du savoir dans votre mémoire. SuperMemo est utile si vous devez retenir des choses pendant un an (par exemple un code juridique). Il l’est encore plus si vous apprenez pour une décennie (par exemple un langage de programmation). Mais il est inégalé pour accumuler un savoir de toute une vie (par exemple l’anatomie, la géographie, l’histoire, etc.)
- Mythe : SuperMemo est difficile à utiliser. Plusieurs milliers de FAQ et un fichier d’aide de 5 Mo laissent penser à beaucoup que SuperMemo est complexe. Il peut sembler être un programme réservé aux professionnels aguerris, donc de peu d’utilité pour de simples mortels. Réalité : il est vrai que certains utilisateurs commencent « par le mauvais bout » ou avec des idées préconçues erronées. Ils peuvent effectivement se perdre ou se sentir frustrés. Cependant, un fait bien testé et vérifié est que SuperMemo peut être utilisé efficacement après une introduction de 3 minutes ! Une grande partie de sa puissance (peut-être la moitié) peut être exploitée en apprenant seulement deux opérations : Ajouter (ajouter de nouvelles questions et réponses) et Apprendre (effectuer des répétitions). Naturellement, les choses se complexifient progressivement lorsque vous commencez à ajouter du multimédia, la prise en charge de langues étrangères, des modèles, des catégories, etc. À l’autre extrémité, la lecture incrémentale, une technique puissante de lecture et d’apprentissage, peut nécessiter des mois d’entraînement avant de produire des résultats de qualité. Vous pouvez facilement commencer à utiliser SuperMemo dès aujourd’hui, et développer progressivement les compétences nécessaires pour en exploiter toute la puissance
- Mythe : SuperMemo est inutile. Certaines personnes croient sincèrement que les mécanismes naturels de construction des souvenirs à long terme sont supérieurs à la répétition espacée. Réalité : notre cerveau préfère « le facile » à « l’important ». Nous excellons à nous souvenir des anecdotes sur les célébrités. Nous sommes lamentables pour nous rappeler des formules mathématiques apprises au lycée. De plus, ceux qui nient la valeur de la répétition espacée ne parviennent généralement pas à apprécier la valeur de la mémoire associative, ou ne font pas la distinction entre bourrer des faits par cœur et apprendre des règles d’inférence universelles. Il existe de nombreux pièges d’ignorance qui empêchent certaines personnes d’essayer un jour SuperMemo. Voir : SuperMemo est inutile et aucune force au monde ne me convaincra d’utiliser SuperMemo
- Mythe : à mesure que l’on ajoute du support à SuperMemo, la charge de répétitions devient ingérable. Aucun élément ajouté à SuperMemo n’est considéré comme « définitivement mémorisé ». C’est pourquoi tous les éléments sont soumis à révision, tôt ou tard. Beaucoup en concluent qu’il y aurait une augmentation inévitable du coût des répétitions. Réalité : il est vrai qu’un grand nombre de répétitions en attente constitue la principale excuse à l’abandon de SuperMemo. Cependant, les simulations informatiques ainsi que les mesures réelles montrent que, à temps d’apprentissage quotidien constant, l’acquisition de nouveau savoir ne ralentit pas visiblement dans le temps (sauf durant les tout premiers mois). En d’autres termes, sur le long terme, l’acquisition de nouveau savoir est quasiment linéaire. Les éléments plus anciens sont répétés de moins en moins fréquemment, laissant de la place pour du nouveau matériel. La nature exponentielle de cette « décroissance » explique pourquoi l’on peut continuer, pendant des décennies, à absorber un flux important de nouveau matériel
- Mythe : les répétitions dans SuperMemo prennent trop de temps. De nombreux utilisateurs luttent contre une charge croissante de répétitions et peuvent en conclure que l’effort ne vaut pas le résultat. Réalité : seulement 3 éléments bien choisis, mémorisés chaque jour, peuvent produire un meilleur effet qu’une centaine de faits bourrés par cœur. Cela signifie que même une minute par jour fera une différence considérable, à condition de prêter attention à ce que vous apprenez. Tout savoir ne mérite pas un effort visant une rétention de 99 %. Une rétention élevée devrait être réservée uniquement aux faits et règles véritablement critiques. Enfin et surtout : les compétences de formulation du savoir peuvent réduire le temps d’apprentissage des débutants de plus de 90 %
- Mythe : SuperMemo est cher. À des prix proches de 40 $ pour la dernière version Windows, SuperMemo peut sembler trop coûteux pour des utilisateurs de pays plus pauvres d’Afrique, d’Asie ou même d’Europe de l’Est. Réalité : les anciennes versions de SuperMemo pour DOS et Windows sont gratuites. Sa version en ligne est encore gratuite. Même la dernière version de SuperMemo est disponible gratuitement pour les contributeurs de la SuperMemo Library
- Mythe : SuperMemo nécessite un ordinateur. Réalité : voir : SuperMemo papier-crayon
- Mythe : nous n’avons pas besoin de SuperMemo, il suffit de construire un index vers les sources de savoir. Avec la multiplication des sources de savoir en ligne, certains sont tentés de croire que mémoriser les choses n’est plus nécessaire ; il suffirait, prétendument, d’apprendre à accéder à ces sources externes de savoir et à les utiliser. Réalité : le savoir stocké dans la mémoire humaine est de nature associative. En d’autres termes, nous sommes capables de combiner soudainement deux idées connues pour produire une qualité nouvelle : une invention. Nous ne pouvons pas (encore) associer efficacement des idées qui résident sur Internet ou dans une encyclopédie. Tous les esprits créatifs et géniaux ont besoin de savoir pour former de nouveaux concepts. L’étendue de ce savoir varie, mais la production créative dépend bien de son volume, de sa nature associative et de son degré d’abstraction (c’est-à-dire sa pertinence pour construire des modèles). Enfin, même un « index vers le savoir » est soumis à l’oubli et doit être entretenu par la répétition ou la révision. Voir : SuperMemo est inutile
- Mythe : beaucoup de gens réussissent sans utiliser SuperMemo, donc son importance est secondaire. Réalité : ni Darwin ni Newton n’avaient accès à des ordinateurs, et pourtant l’analphabétisme informatique peut rendre le scientifique d’aujourd’hui totalement impuissant. De même, avec l’importance croissante du savoir, négliger l’avantage compétitif d’un savoir plus large et plus stable limitera de plus en plus vos chances de réussite professionnelle en sciences, en ingénierie, en médecine, en politique, etc. Vous pouvez vivre sans SuperMemo, mais il peut certainement élever votre apprentissage à un niveau supérieur
- Mythe : le mécanisme naturel de sélection des souvenirs importants est suffisant. Nous n’avons pas besoin d’une béquille. L’évolution a produit un mécanisme d’oubli efficace, qui libère notre mémoire des déchets encombrants et peut-être inutiles. Ce mécanisme s’est révélé suffisamment efficace pour construire l’extraordinaire civilisation humaine. En conséquence, beaucoup pensent qu’il ne peut y avoir grand-chose à améliorer. Réalité : le mécanisme d’oubli a été construit indépendamment de nos souhaits et de nos décisions. Il ne préserve que les souvenirs utilisés suffisamment fréquemment. Or, aujourd’hui, nous sommes suffisamment intelligents pour décider par nous-mêmes quel savoir est vital et lequel ne l’est pas. Un simple coup d’œil dans un dictionnaire peut souvent prendre plus de temps que le coût, sur toute une vie, de rafraîchir ce même mot dans SuperMemo. Et ce n’est même pas l’exemple le plus spectaculaire. L’histoire humaine est riche en erreurs monumentales issues de l’ignorance. La confusion de la NASA entre unités impériales et métriques a coûté une sonde martienne. La confusion entre virgule et point en Fortran a coûté une sonde vénusienne. Des erreurs de communication en anglais ont causé de nombreuses catastrophes aériennes et maritimes. Une connaissance présente dans l’esprit d’un chirurgien peut valoir la vie de son patient. L’oubli est bien trop imprévisible pour lui laisser en charge un savoir critique. SuperMemo vous en redonne le contrôle
- Mythe : développer une mémoire photographique est un meilleur investissement. Réalité : de nombreuses affirmations concernant la mémoire photographique sont largement exagérées, voire carrément fausses. Les outils mnémotechniques sont essentiels pour un apprentissage efficace, mais ils ne remplacent pas SuperMemo : ils le complètent. Des techniques comme la Photolecture utilisent le même concept accrocheur de « scanner photographique ». Contrairement à SuperMemo, elles sont faciles à promouvoir et à comprendre. Cependant, la supériorité de SuperMemo dans l’arsenal des outils de l’apprenant se démontre facilement par de simples faits scientifiques, ainsi que dans la pratique de l’apprentissage. Pour en savoir plus, voir les articles sur supermemo.com
- Mythe : mémoriser la table de multiplication ne fait que priver quelqu’un de ses compétences en calcul. Comme les enfants qui utilisent des calculatrices, ceux qui mémorisent la table de multiplication avec SuperMemo seraient censés être moins à l’aise avec les chiffres (c’est-à-dire moins fluides dans leurs compétences de calcul). Réalité : mémoriser la table de multiplication de base 9×9 est la pierre angulaire de tout calcul, sur papier comme de tête. Mémoriser la table de multiplication 20×20 est également un bon moyen d’entraîner les compétences de multiplication de base. Il est difficile de vraiment mémoriser la table 20×20. Intuitivement, la plupart des élèves procèdent correctement en combinant leur table 9×9 familière avec leurs compétences en addition. Par exemple, 14*16 est retenu comme 10*14+6*14=140+6*10+6*4=140+60+24=224. Cela signifie que l’élève utilise (1) une décomposition simple, (2) la règle de décalage des zéros, (3) la table 9×9 une seule fois (pour établir que 4*6=24), puis (4) une addition (pour additionner les trois nombres obtenus). Contrairement au mythe, tous les élèves ayant appris la table de multiplication 20×20 rapportent une amélioration spectaculaire de leurs compétences en multiplication. Malheureusement, il y a relativement peu de transfert vers les compétences en division : celles-ci nécessitent un support d’apprentissage supplémentaire et des compétences légèrement plus complexes (voir : Table de division)
- Mythe : SuperMemo est si simple qu’il n’est pas nécessaire (commentaire d’un utilisateur de PalmGear). Réalité : la simplicité d’une idée en renforce généralement l’utilité. L’idée sous-jacente à SuperMemo (l’allongement des intervalles) est en effet très simple. Cependant, faire tous les calculs à la main n’a guère de sens, et ne pas employer la répétition espacée nuira inévitablement à l’apprentissage. Par conséquent, SuperMemo est nécessaire pour tout savoir dont le taux de rétention doit dépasser 80 %. Sinon, tout système de répétitions non organisé devient très inefficace. Ironiquement, de nombreux utilisateurs de SuperMemo pour Windows se plaignent que le programme est trop complexe (voir : Mythe : SuperMemo est difficile)
- Mythe : le principal goulot d’étranglement de l’apprentissage est la mémoire à court terme, donc SuperMemo n’est pas nécessaire. Certains éducateurs vivent avec la conviction erronée que c’est la mémoire à court terme qui constitue le goulot d’étranglement de l’apprentissage. Cette idée vient des observations quotidiennes courantes de la fuite dévastatrice de la mémoire sensorielle : nous ne retenons qu’une fraction de ce que nous percevons. Réalité : c’est l’inverse qui est vrai. La mémoire à court terme est en effet très fuyante. Cependant, nous pouvons retenir en mémoire à court terme bien plus que nous ne pouvons retenir sur le long terme. Le mythe découle en partie de la conviction que la mémoire à long terme est pratiquement illimitée. L’erreur vient du fait de remarquer l’immense capacité de stockage à long terme, tout en négligeant la difficulté avec laquelle nous y retenons le savoir. Un élève avancé apprendra rapidement toutes les astuces mnémotechniques nécessaires pour retenir bien plus dans sa mémoire à court terme qu’il n’est capable d’en convertir en savoir durable
- Mythe : s’entraîner à la fluidité est plus important que s’entraîner à la rétention. Certains élèves et éducateurs pensent qu’il faut s’entraîner à une récupération rapide, souvent déterminante pour la performance (comme dans les tests de QI). Ils croient que chronométrer la répétition améliore la rétention. Réalité : ce mythe trouve son origine dans les recherches de Ogden Lindsley, un élève de B.F. Skinner, dans les années 1960, qui montrent comment l’entraînement à la fluidité peut manifestement renforcer l’apprentissage (par exemple en conditions de classe). Les recherches de Lindsley sur la fluidité ne se transposent cependant pas directement à la méthodologie de la répétition espacée, en raison du problème de l’ effet d’espacement (voir aussi : mythe sur la mémoire : la fluidité reflète la force mnésique). La procédure susceptible d’améliorer le rappel après une seule séance n’est pas nécessairement optimale pour un rappel actif répété en répétition espacée. Un exercice chronométré est plus susceptible de déclencher l’effet d’espacement, car la difficulté de récupération renforce la consolidation mnésique. Par conséquent, un exercice minuté augmentera en réalité la fréquence des répétitions et la charge globale de répétition par élément. En termes SuperMemo, l’effet est similaire à une tentative de réduire l’indice d’oubli sous 3 %. En supposant une attention maximale, une répétition lente et réfléchie est susceptible de laisser des traces mnésiques plus durables qu’un exercice de fluidité chronométré. L’entraînement à la fluidité a du sens pour un savoir dont la récupération est critique en termes de rapidité, comme l’apprentissage procédural, la préparation à des tests fondés sur la fluidité, l’apprentissage des langues étrangères, la fluidité de lecture, etc. Cependant, pour les domaines où la créativité importe plus que la vitesse, ou où résoudre le problème compte plus que le résoudre rapidement, un apprentissage « lent » (c’est-à-dire méticuleux et réfléchi) est recommandé. Indépendamment de cela, dans SuperMemo, c’est l’utilisateur qui détermine les critères d’évaluation de l’apprentissage. La fluidité peut, mais ne doit pas nécessairement, faire partie de l’auto-évaluation. En d’autres termes, même si les exercices rapides ne sont pas recommandés, SuperMemo n’empêche pas l’utilisateur de les employer
Voir aussi : FAQ SuperMemo
Mythes sur l’apprentissage des langues
Antimoon a compilé une autre liste de mythes liés à l’apprentissage des langues : Language learning: Myths and facts.
Personnellement, je ne suis pas d’accord pour classer la tolérance aux erreurs de langue comme une erreur stratégique (mythe : « Il est normal de faire des erreurs »). L’approche d’Antimoon suppose que l’objectif de l’élève est d’atteindre une maîtrise parfaite de la langue, alors que la plupart des élèves recherchent plutôt une fluidité de communication maximale en un minimum de temps. Lorsque j’ai moi-même appris l’anglais, je m’intéressais avant tout à la communication, tout en acceptant une large marge de tolérance pour les erreurs non sémantiques. Cela m’a laissé un héritage de mauvaises habitudes difficiles à déraciner. Pourtant, mes objectifs de communication ont été pleinement atteints. Si j’avais à choisir, je referais exactement le même choix. C’est pourquoi je retirerais une position de la liste de mythes d’Antimoon
Scepticisme
Restez sceptique. Renseignez-vous davantage sur les mythes évoqués ci-dessus. Envoyez-moi un e-mail si vous n’êtes pas d’accord, ou si vous pensez que j’ai oublié un mythe dangereux qui devrait figurer ici. Vous pouvez aussi exprimer votre désaccord sur cet article ici.
Certains sites web consacrent toute leur énergie à démonter les mythes qui se propagent dans la population. Les mythes sont les amis de l’ignorance. Ils nuisent aux individus comme aux sociétés. Ils nourrissent aussi les escroqueries impitoyables qui prospèrent actuellement sur Internet. Voici quelques liens vers des sites que je tiens à saluer pour leurs efforts remarquables dans la lutte contre l’ignorance, la superstition, ainsi que la tromperie pure et simple :
- Skeptic’s Dictionary – l’œuvre monumentale du Pr T. Carroll, répertoriant les croyances, mythes et « théories » les plus dangereux, les plus trompeurs, les plus bizarres, mais aussi les plus amusants : astrologie, clairvoyance, créationnisme, dianétique, divination, sourcellerie, homéopathie, PNL, psychokinèse, réincarnation, méthode Silva, télépathie, téléportation, OVNIs, etc.
- James Randi Educational Foundation – surtout connu pour son Million Dollar Challenge, James Randi combat sans relâche tout ce qui relève du paranormal. Quiconque parvient à démontrer un phénomène paranormal, surnaturel ou occulte lors d’une expérience scientifiquement contrôlée peut réclamer la récompense d’un million de dollars de Randi
- Quackwatch – le combat tout aussi impressionnant du Dr Stephen Barrett contre les régimes et procédures médicales nuisibles utilisés de manière trompeuse à des fins lucratives. Le Dr Barrett dénonce les entreprises, individus, sites web et produits qui attribuent des vertus miraculeuses à l’acupuncture, aux soins chiropratiques, au super-DHEA, au Calorad, au ginkgo, au thé amaigrissant aux plantes, à l’iridologie, à la macrobiotique, à la magnétothérapie, au super-mélatonine, à la thérapie orthomoléculaire, aux pratiques psychiques, etc.
- Skeptic Friends Network
- Skeptic Planet – moteur de recherche de sites sceptiques. Une recherche sur homéopathie donne 500 articles, astrologie 900, tandis que créationnisme en donne 2000 (3 août 2003)
- Anti-quackery – collection de liens anti-charlatanisme
- Stephen Lower sur la pseudo-science
- CSICOP – Comité pour l’enquête scientifique sur les affirmations du paranormal
- BBC Horizon s’attaque à l’homéopathie – BBC Horizon échoue à remporter le Million Dollar Challenge de James Randi avec une expérience scientifique qui n’a pas réussi à prouver que l’homéopathie fonctionne réellement
- Talk Origins – une collection d’articles contestant les théories du dessein intelligent en réponse au forum de discussion sans restriction du groupe Usenet associé, Talk Origins
- Truth or Fiction – site anti-rumeurs
- Logical Fallacies – définitions et exemples des sophismes logiques qui sous-tendent la plupart des mythes, rumeurs et superstitions
- Plus de liens de la JREF de Randi
- Skeptical Information Links – 532 liens vers des sites sceptiques (3 août 2003)
Qu’est-ce qui n’est pas un mythe ?
Je reçois parfois des demandes d’évaluation de méthodes d’apprentissage légitimes. Je me contenterai ici de lister brièvement les mots-clés qui méritent d’être étudiés et qui sont légitimes ! Vous trouverez une abondance d’informations à leur sujet sur Internet.
Les concepts légitimes et les auteurs qui pourraient être, au mieux, mal compris et, au pire, rejetés à tort reçoivent notre approbation : les cartes mentales, Mega Memory (peu importe la réputation de Kevin Trudeau), les techniques mnémotechniques, le système des pegs, la méthode des loci, Mind Manager, ThinkFAST, Tony Buzan, Sebastian Leitner, la répétition expansée, la théorie de la réactivation, SAFMEDS, la luminothérapie, la chronothérapie, la mélatonine, la neurogenèse à l’âge adulte, la croissance cérébrale par l’entraînement, la compensation neuronale (par exemple en cas de lésion cérébrale), et l’exercice physique comme stimulant cérébral.
Voir aussi :
Excuses (mars 2005)
J’ai reçu des messages m’indiquant que le passage sur les croyances américaines concernant l’âge de la Terre pourrait être considéré comme offensant. Ce n’est pas mon intention de blesser qui que ce soit. Je crois qu’énoncer résolument des faits scientifiques est un devoir pour quiconque s’engage dans la lutte contre les mythes. À la différence de James Randi, bien plus direct et que j’admire immensément, j’essaie d’employer un langage plus mesuré. Si on me le propose, je suis prêt à accepter une reformulation moins offensante du passage en question, à condition qu’elle exprime clairement ma conviction que le consensus scientifique le plus élémentaire ne laisse aucune place à une mémoire infinie ou à une jeune Terre. De plus, le passage doit inclure les données les plus révélatrices sur le fait que la science de base reste mal comprise par une vaste proportion de la population des nations industrialisées, dont les États-Unis constituent probablement le meilleur exemple de ce contraste. Vous pouvez laisser vos commentaires sur le Wiki SuperMemo
